ATTAQUE DU BARRAGE DE LARBAA : le mauvais calcul du pouvoir

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Les annonces officielles algériennes estiment à moins d’une quinzaine le nombre de terroristes ayant fait allégeance à Daesh. Le traitement médiatique réservé à l’attaque  du barrage de gendarmerie de Larbaa confirme la volonté de minimiser la signification d’une action venant après plusieurs autres et qui signe une nouvelle donne sécuritaire dans la région. Les renseignements étrangers parmi lesquels  les services français (très présents au Sahel et en Afrique du Nord) mais aussi le MI6 britannique, le BND allemand ou la CIA sur lesquels nous reviendrons ultérieurement sont bien moins optimistes.

Les études faites par diverses cellules de ces structures évaluaient au début de l’année à plusieurs dizaines d’éléments ( autour des soixante dix pour certaines estimations ), essentiellement situés au centre et à l’est du pays, le total d’agents ayant déjà pris contact ou cherchant activement à se connecter avec des noyaux de l’organisation d’Al Baghdadi basés en Libye.

La direction de l’organisation Etat islamique sait que les offensives conduites par la coalition occidentale sur Mossoul et maintenant Rakka ne lui laissent que peu de temps sur son territoire irako-syrien. D’où la nouvelle vision qui consiste  à « gicler » vers d’autres théâtres d’opération. Les pays européens dont la France, le Royaume Uni et, dans une moindre mesure, l’Allemagne et la Suède sont déjà des cibles qui s’attendent à une recrudescence d’attentats dans leurs villes à cause notamment du noyautage des mouvements migratoires.

L’Algérie est l’autre site que convoite d’investir Daech qui ne désespère pas de fédérer les organisations  hétéroclites du Sahel allant d’Aqmi à Boko Haram. Pour s’assurer une meilleure fluidité de ses mouvements dans cette zone, l’Etat Islamique (EI) cherche à multiplier les abcès de fixation dans le nord algérien, ce qui obligerait les troupes de l’ANP massées sur la frontière algéro-libyenne à desserrer leur étau et faciliterait les déplacements de ses hommes et ses transferts d’armes et de munitions largement disséminées depuis la chute du dictateur libyen. Avantage annexe, l’ouverture sur la coulée libyenne isolerait les champs gaziers algériens, ce qui les rendrait plus vulnérables à d’autres attaques sur le mode Tiguentourine avec les répercussions financières que l’on devine dans un contexte de sévère atonie économique et de tension sociale extrême.

Malgré d’importantes tentatives de pénétration et grâce à un soutien français pour l’instant efficace, la Tunisie demeure hermétique en dépit du climat social explosif qui prévaut sur son flanc sud. Même avec ce qui ressemble à une insurrection au Rif où les islamistes tentent d’infiltrer leurs slogans et éléments, le Maroc reste trop loin du brasier libyen d’où Al Baghdadi veut construire sa tête de pont vers l’Europe.

L’Algérie est la proie idéale de cette offensive vitale pour l’EI. Le pouvoir englué dans des problèmes politiques et sociaux sans fond semble peu préparé à analyser froidement ce qui s’annonce comme une nouvelle et redoutable stratégie de redéploiement de l’EI sur le sol algérien.  

Achour Sadji

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