ATTENTAT DE NOTRE DAME : du sectarisme à la radicalisation

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Maintenant que le temps a un peu passé, on peut enfin analyser les origines, le sens et les probables suites de l’acte criminel commis à Paris par un Kabyle quarantenaire. L’homme a poursuivi des études supérieures en Europe où il s’est marié avec une Suédoise avant d’en divorcer et de prêter allégeance à l’Etat Islamique.

Les commentaires de plusieurs acteurs politiques et observateurs algériens donnent matière à questionner la réalité de la perte de repères de pans entiers de la société kabyle.

La suspicion complotiste a assuré dans un premier temps que selon les investigations menées  sur le terrain, notamment auprès de la famille, la radicalisation de Farid Ikken était « improbable ». Les preuves et les aveux de l’incriminé sont venus balayer ce déni. La démagogie et le populisme identitaires qui se développent en Kabylie pouvaient aussi produire le sectarisme le plus primaire.

Les villages qui ont accueilli puis informé les groupes de terroristes du GIA n’ont que rarement  fait l’objet de dénonciations ou condamnations des populations locales.

Le mouvement séparatiste du Mak dans lequel a activé Ikken évolue dans un radicalisme qui n’a rien à envier aux slogans totalitaires des 70. Son takfirisme, ( qui ne se soumet pas à mes exigences est un traître) l’a conduit à des extrémités qui ne dérangent plus grand monde.  Des condamnations, y compris à mort, ont été prononcées contre des militants qui ont quitté la secte pour cause « d’apostasie ». Publiées sur les sites du Mak, ces sentences n’ont suscité que de tièdes protestations. Son combat « pacifique » proclamé  verbalement se traduit par des actes de vandalisme d’urnes à Bouira où il se dit que le RCD  allait rafler la mise sous les regards bienveillants de la police. Quelques jours plus tard, des activistes de ce même mouvement sont malmenés par la même police au cours d’une marche. La direction du Mak qui n’a jamais dénoncé les abus dont sont régulièrement victimes les militants de l’opposition fustige celles et ceux qui ne viennent au secours de ceux qui les invectivent jour et nuit.

Ces attitudes ne sont ni le fait de l’islamisme ni des partis du pouvoir, même si ce dernier accueille ces attaques entre Kabyles pour du pain béni. Quand on inculque le sectarisme, il peut servir toutes les idéologies sectaires.  

Naguère les émigrés apportaient un plus aux luttes démocratiques menées en Kabylie. Aujourd’hui c’est un de ses enfants exilés récupéré par un kabylisme primitif qui lui est renvoyé en boomerang. L’alerte et peut être l’alarme doit être sonnée.

 

                                                                                                                         Rabah Lounis

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