CNDH : communication sélective ou aux ordres ?

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Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un patchwork de 37 personnes désignées par le pouvoir et autres organismes (chef de l’Etat, président de l’APN, celui du Sénat, syndicats professionnels et mouvement associatif…) sort du coma pour interpeller la justice sur les dérives misogynes des chaines de télévision durant les programmes du ramadhan. Rappelons que cette structure succède à la CCNPPDH de l’inénarrable Farouk Ksentini qui a justifié la chasse contre les migrants subsahariens par la fameuse sentence : « Nous sommes exposés au risque de propagation du Sida ainsi que des d’autres maladies sexuellement transmissibles du fait de la présence de ces migrants ». Ces propos racistes n’avaient même pas suscité de réaction de la part de son employeur, à savoir la présidence de la république. Mais revenons au communiqué de la structure introduite dans la nouvelle constitution sur les dérives des chaines « off-shore ».
Deux remarques s’imposent : La dévalorisation de la femme dans les médias ciblés sans être cités par le communiqué du CNDH (ENNAHAR, ECHOUROUK….) n’est pas circonscrite à la période du mois de Ramadhan. Elle concerne l’ensemble de la production télévisuelle par ailleurs soumise à la censure des pouvoirs publics. En plus d’appeler la justice à se saisir par rapport à cette dérive, le CNDH aurait été mieux inspiré d’appeler les pouvoirs publics à assainir le champ audiovisuel par son ouverture et la soumission des opérateurs à des cahiers des charges transparents au lieu de continuer à privilégier un fonctionnement avec des chaines tolérées, un concept étranger au droit.
Pour le reste, on savait déjà que la répression contre les manifestations pacifiques ou les violations des droits de la personne humaine comme le maintien en détention de militants du M’Zab ou de Slimane Bouhafs ne sont pas dans l’agenda de ce nouvel appendice de la présidence. Il est fort improbable que ce soient les dérives d’ENNAHAR – par ailleurs un label incontestable de la chaîne depuis sa création – qui suscite de telles réactions de réprobation d’acteurs institutionnels (ARAV, CNDH…). La présence du frère du président lors du sit-in de protestation contre le traitement infligé par cette chaîne à l’écrivain Boudjedra ne serait pas étrangère à ces positionnements. La défense des droits de l’homme, quant à elle, n’a jamais été que l’apanage des hommes (femmes) libres.

 

Tarik Melloul
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