CROISSANCE ECONOMIQUE : la douche froide de la Banque Mondiale

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Nouveauté soulignée par tous les observateurs, la loi de finances 2017 fait des projections sur les trois prochaines années. Faute d’un projet consensuel pour le pays, nombre d’experts ont salué cette « entorse » à une loi qui avait comme objet que le listage des recettes et dépenses pour l’année en cours. Cette loi se base sur un prix de référence du baril à 50 dollars en 2017, 55 en 2018 et 60 dollars  et une inflation moyenne de 4%. Le taux de croissance attendu est  de 3,9% en 2017, de 3,6% en 2018 et de 4,3% en 2019. Les cadrages de cette « nouvelle politique économique » qui a pour but de pallier la chute brutale et durable des cours des hydrocarbures consiste à “réduire sensiblement les importations, geler les rémunérations et les transferts mais aussi différer beaucoup de projets d’infrastructures. En bout de course, on doit arriver à un déficit du budget de l’État réduit à moins de 2% du PIB (au moins 16% du PIB en 2015) et une balance des paiements extérieurs pratiquement équilibrée (35 milliards de dollars de déficit en 2015 et encore près de 30 milliards de dollars en 2016). Problème, le rapport semestriel de la Banque Mondiale (04 juin 2017) plaide plutôt pour la morosité. Les rédacteurs de ce rapport estiment  ses projections de croissance pour l’Algérie en 2017 à 1,8%, pour 2018, c’est 1%.  L’institution financière internationale estime que Le pétrole de schiste américain et la hausse des stocks de brut peuvent compenser la réduction de l’offre Opep. C’est-à-dire que toute remontée des cours est hypothétique.

Le premier ministre Tebboune compte t-il endosser la copie de son prédécesseur sur une nouvelle politique économique qui n’existe qu’à travers un document de deux pages d’un tabloïd ?  Hassan Haddouche, économiste, est sans doute celui qui résume le mieux cette nouvelle politique économique « Beaucoup de bonnes intentions dans ce recensement (non exhaustif) des objectifs annoncés par un nouveau modèle économique  complètement «en phase» avec la plupart des recommandations formulées par la plupart des économistes nationaux au cours des dernières années. Il s’agit d’un projet qui a au moins le mérite d’exister et d’annoncer noir sur blanc des objectifs qui souvent auront un caractère quantifiable. » Tout reste à faire en somme.

Omar Saïdani

 

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