LE FFS VA-T-IL SE NOYER DANS LE PORT DE BEJAIA ?

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Nous avions déjà signalé dans notre édition du 29 mai l’étrange silence du ffs face aux folles décisions de Djelloul Achour, directeur du port de Bejaia qui s’arroge le droit d’empêcher les accostages de navires transportant les matériels du groupe Cevital, premier investisseur de la wilaya. Jusque là, seul son député, l’original Chafaa Bouaiche, était parti en guerre à coups de mails contre les citoyens scandalisés par un gestionnaire aux abois. Ce dernier assure que même s’il est dans l’illégalité, il a le soutien du clan présidentiel.
«  Quelqu’un qui n’a pas de quoi payer son casse-croute défend un milliardaire ! » s’était déjà indigné sur internet en 2016 Bouaïche. La colère des internautes qui lui rétorquèrent que son attitude était le prix à payer pour vivre « ses mœurs un peu spéciales » l’ont rendu plus discret.
La quasi totalité des partis et mouvements ont dénoncé des violations de loi sanctionnant un opérateur cité en exemple dans le pays : Rcd, Talaa el Houriate, Mak, Rpk, société civile se sont impliqués dès le premier appel du comité de soutien. Les quelques militants de base du ffs présents aux différentes actions sont ceux qui ont refusé de suivre l’embargo de leur structure…Même Ouyahia a tenu à se démarquer des scandales de ce Zorro d’opérette qu’est devenu Djelloul Achour.
Pour démontrer in situ la conformité du projet de l’unité de trituration de graines oléagineuses, objet du conflit, Cevital a adressé le 14 juin une invitation à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux de la région. Signalons au passage qu’un projet similaire de l’homme d’affaire Kouninef, proche de Bouteflika, est entrain d’être réalisé à Djendjen sans problème.
Absent du débat et des marches de soutien, le ffs produit le même jour un communiqué spécialement scabreux pour justifier son rejet de l’invitation de Cévital.
Il explique que « le patron de Cevital est le bienvenu dans le cadre du respect des institutions à venir à l’APW présenter et défendre son projet », avant d’ajouter sans rire qu’il veille à servir «  l’intérêt général ». Il laisse ainsi entendre que l’investisseur, peu soucieux de l’intérêt général, agirait en dehors des institutions et que le directeur du port qui piétine la réglementation et outrepasse ses prérogatives depuis des mois ne fait qu’appliquer les lois.
Dans tous les pays du monde, les élus de l’opposition se mobilisent quand ils ne prennent pas eux-mêmes l’initiative pour défendre les industries créatrices d’emplois.
Cette fois, ce n’est plus un député tenu par les officines pour ses pratiques excentriques qui s’agite contre « l’intérêt général » de la région mais une instance régionale.
Mais en essayant de renvoyer dos à dos les deux protagonistes, le ffs réalise qu’il s’est mis en difficulté dans la région. Il tente de rebondir. Ce 16 juin, il se fend d‘un autre communiqué et décide de rencontrer séparément les deux parties et «  tirera des conclusions qu’il rendra publiques ». A tout seigneur tout honneur, il réserve la primeur de sa première audition à Djelloul Achour. La victime en quelque sorte.
Est-il si difficile, quand on a le sens se «  l’intérêt général » et que l’on est animé d’intentions saines, de se prononcer sur un abus d’autorité doublé d’une violation flagrante de la loi ? Mais même cette disponibilité à l’écoute est vicieusement verrouillée. Le ffs qui signe ses communiqués en tant que parti et non au nom de l’Apw, où il est pourtant majoritaire, veut éviter un débat public auquel participeraient tous les élus. Les discussions auront donc lieu dans son siège à l’abri des regards. Cela s’appelle de la manipulation.
Gageons qu’après avoir bien trituré la situation, ce parti continuera à se tenir loin des dossiers qui peuvent gêner ceux qui lui ont offert des sièges dans des circonscriptions où il n’a même pas obtenu le minimum pouvant lui permettre de participer au partage du plus fort reste.
Depuis l’exclusion de Rachid Halet, dernier militant issu de l’opposition, les cadres du ffs sont, dans leur écrasante majorité, des recyclés du fln comme Baloul, MA Chérifi et de ses organisations de masse, à l’exemple d’Ali Laskri vaillant pensionnaire de l’unja, ou des éléments rejetés des autres partis. D’où ce fonctionnement «  contre nature ».
Approché par Ameslay.com dans l’enceinte de Cevital, le jour de la visite d’explication, un opérateur associé dans un projet touristique d’Akbou confie : «  Le jour où on fera les comptes, on verra que le ffs est le parti qui a le plus freiné le développement de notre wilaya ». Voilà qui est dit.

Rabah Lounis

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