MACRON A RABAT ET ALGER : va-t-il faire sauter les vieux blocages ?

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Le jeune et tout frais président Macron a fait exploser le système politique français. Contre toute attente et en une année à peine, il a dynamité les deux partis qui ont régné sur la cinquième république pendant plus d’un demi siècle. L’establishment avec sa presse, ses appareils politiques et ses organisations syndicales a longtemps regardé ce jeune homme jamais élu avec mépris, ironie, puis agacement. Quand les professionnels de la politique ont vu le danger, il était trop tard. Ébahis, les anciens partis observent son parti filer tranquillement vers une majorité absolue à l’assemblée nationale ce dimanche.

Macron va-t-il, pourra-t-il imprimer à la politique de voisinage de la France le même électrochoc ?

Un deal non écrit a fait qu’Alger gère sa repentance comme rente viagère afin de permettre aux dirigeants en poste depuis 1962 de faire ce que bon leur semble en matière de violations des libertés individuelles et collectives et de corruption. Paris fermant les yeux sur ces abus obtient un statut de partenaire économique et sécuritaire préférentiel.

En dénonçant les «  crimes contre l’humanité » commis par la France en Algérie avant même d’être élu, Macron a probablement privé Alger de son principal levier de pression. La visite de préparation de son ministre des affaires étrangères Le Drian qui connaît bien notre pays est un signe qui ne trompe pas. C’est même lui, ministre de la défense, qui avait recommandé l’entraîneur de football Gourcuff , breton comme lui, pour manager les Verts. On croit savoir que les conditions d’un démarrage adulte et transparent sont au centre de ses discussions.

Avec le Maroc, les choses ne sont pas moins compliquées. Là-bas, ce n’est pas le passé qui est instrumentalisé pour obtenir de Paris des faveurs mais le présent. Ami problématique de la France depuis la fin du protectorat, Rabat a su faire valoir sa disponibilité pour protéger son statut privilégié. Il se trouve que les évolutions des réformes marocaines sont toujours en deçà de ce qui est attendu pour parvenir à la monarchie parlementaire annoncée. Et l’islamisme rampant qui tente même de se greffer sur le mouvement rifain Hirak gagne chaque jour du terrain.

Dans les deux capitales,  et à quelques rares exceptions, les médias publics et privés sont alignés sur les postures des pouvoirs officiels qui redoutent plus que tout un apaisement qui conduirait à terme à une démocratisation régionale.

Les tensions entretenues par les régimes algériens et marocains aux fins d’entraver les luttes démocratiques dans leurs pays respectifs vont-elles survivre aux visions post- coloniales du nouveau pouvoir français ?  

En tout cas, une nouvelle page est entrain de s’écrire. Reste à savoir s’il existe encore au sein de ces deux peuples des cadres capables d’exister dans un nouveau monde.   

Rabah Lounis

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