PRIVATISATIONS : Rente de circonstance ou Outil de relance

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Dans le sillage des propos d’Ahmed Ouyahia, plusieurs médias croient savoir que la privation de nombreuses entreprises publiques est à l’ordre du jour. Certains expliquent que l’on ne peut pas faire autrement pour renflouer les caisses de l’Etat d’autres prévoient déjà les licenciements de milliers de travailleurs.

Nombre d’entreprises publiques pour ne pas dire toutes souffrent de déséquilibre et ne doivent leur survie qu’à l’intervention récurrente des pouvoirs publics pour suppléer aux déficits.  Il est ici essentiel de noter que cette mauvaise gestion n’est pas toujours l’œuvre des gestionnaires mais de la relation qui consiste à faire des conseils d’administration de simples chambres d’enregistrements des désidératas de la tutelle qui nomme elle-même les PDG par voie de cooptation (clientéliste évidement).

Le traumatisme des privatisations conduites justement par le même Ouyahia est vivace dans la mémoire de tous, d’autant que l’opération était un fiasco dans la mesure où dans la plupart des cas il s’agissait soit d’une fermeture pure et simple soit d’un bradage « au dinars symbolique ». Nous tenons de cette période l’artifice de la retraité anticipée qui mine le monde du travail et la gestion des caisses sociales.

Pourtant le débat doit être ouvert. Car  d’une part, la privatisation n’est pas une simple opération technique ; elle nécessite une préparation et un climat des affaires autre que la morosité et le pessimisme ambiants sans parler des aspects juridiques et réglementaires. D’autre part si l’opération est conçue pour renflouer les caisses au moment où le prix des hydrocarbures frôle les 50 dollars par le bas et les prévisions de rentrées d’impôts s’avèrent encore une fois erronées, l’argent à récolter sera à cout sûr  englouti par les dépenses de fonctionnement.  Quand Ouyahia parle de la privatisation des hôtels, il n’a pas tord. Mais sans une politique d’ensemble qui réactive le secteur du tourisme cette opération, même avec des cahiers de charge ne peut assurer la viabilité des futures structures qui passent au privé. L’enjeu est de définir et mettre en œuvre une politique touristique d’ensemble qui inclut au moins le moyen terme avant que le marché ne fasse lui-même le procès des nouvelles structures.  Il est dommage que les médias n’étaient pas aussi réceptifs aux propositions du RCD dans ce domaine (relance du tourisme), lors de la campagne électorale et n’aient retenus, au mieux que la privatisation, du  Club des Pins.

Rabah Said

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