QUAND TRUMP ATTAQUE L’EUROPE PAR LE QATAR

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C’est à une brutale asphyxie économique et un sévère encerclement sécuritaire du Qatar que se livrent les pays du Proche et Moyen Orient managés par les USA. A l’exception du petit Royaume d’Oman, singularité cultuelle ibadite, dans une région déchirée par le schisme historique qui oppose les Sunnites aux Chiites, les autres pays ont déclenché ce qu’il faut bien appeler une guerre éclair. Arrêt des liaisons aériennes et maritimes, coupures de voies terrestres pour un émirat particulièrement enclavé, ruptures impromptues des relations diplomatiques, expulsions des ressortissants, tous les ingrédients d’une déclaration de guerre acculant le petit Émirat à un réaménagement commercial sont en place. Les tergiversations voire les bienveillances manifestées à l’endroit des groupes islamistes radicaux et probablement  une surévaluation de ses marges diplomatiques et financières ont conduit le Qatar à des prétentions régionales qui ont agacé Washington depuis de nombreuses années.

Doha a en effet valorisé ses relations avec des capitales comme Paris, Londres ou Berlin  où il a investi une partie conséquente de ses capitaux via le fond Qatar Investment Authority ( QIA )  dans l’immobilier de prestige, les banques, les grands clubs sportifs, les médias, l’industrie…alors que ses voisins ont toujours privilégié les placements américains.

La proximité qatarie avec l’Europe a permis aux instances footballistiques mondiales où les États-Unis ont un pouvoir inversement proportionnel à leur puissance, d’octroyer, dans des conditions assez contestables à Doha l’organisation  de la coupe du monde 2022. Il reste à apprécier l’impact de ces décisions sur le déroulement de la plus grande manifestation sportive mondiale.

Disposant déjà d’une précieuse avance dans la collecte et la gestion du renseignement, les USA viennent d’envoyer un message fort à l’Europe en étranglant leur sulfureux allié dans une région traditionnellement maitrisée par l’oncle Sam.

Après la sortie des accords de Paris sur le climat, les USA qui comptent bien faire payer leur protection sécuritaire à leurs alliés européens vient de délivrer un message assez clair quant à leur nouvelle géostratégie.

Que peut l’Europe face au bulldozer Trump dans un moment historique favorable aux rapports de force ? De la même manière que les islamistes ont servi d’alibi à la survie du régime algérien, DAESH vient de mettre en pole position la stratégie sans complexe de la guerre globale (attaque militaire,  isolement politique, guerre idéologique, pression économique)  contre l’islamisme assumée par un président controversé dans son propre pays. Il faut en effet relever que les accusations adressées au Qatar par ses adversaires ne font plus de distinguo entre Al Qaida, les Frères Musulmans ou Daesch. 

Les divisions et les hésitations européennes désormais condamnées par l’Histoire risquent de coûter cher. Première conséquence de cette bataille perdue par le Vieux continent : la multipolarité née de la fin de la guerre froide prend du plomb dans l’aile.

Achour Sadji

 

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