RACISME ET DÉNI IDENTITAIRE : l’hémicycle « reflet » de notre société ?

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Nous avons eu, ces derniers jours, à lire et entendre des voix s’élever pour demander le « renvoi » des africains « chez eux ». C’est à croire que l’Algérie se trouve sur un autre continent ! Au-delà du racisme crasseux dont fait preuve cette catégorie d’ignorants, cet état de fait reflète un déni de soi dans ses composantes identitaires, culturelles et même…géographiques. Qui d’entre nous n’a pas un frère, un cousin ou un parent proches établi à l’étranger ? Comment peut-on stigmatiser, à longueur de journée, le racisme dont sont victimes nos compatriotes sous d’autres cieux et reproduire le même schéma  avec des individus qui font parti de notre espace géographique naturel, l’Afrique ? Comment peut-on supporter l’image que l’on voit sur les réseaux sociaux de cet imbécile, et c’est un euphémisme, qui a jeté un enfant, d’à peine 3 ou 4 ans, par terre sous prétexte qu’il ne serait pas de « chez nous » ? L’ignorance voire le rejet de sa propre culture conduit à la déshumanisation. Ne doit-on pas se sentir plus proche d’un africains qui fuit la misère et la guerre que d’un wahhabite, qui lui, nous impose d’autres mœurs par la violence ?

Un autre évènement, du même acabit, renseigne sur l’état de délabrement culturel et moral de notre société. Dans le cadre de la discussion du programme du gouvernement, un député du RCD entamant son intervention au sein de l’Assemblée nationale en tamazight,  au demeurant langue nationale et officielle faut-il le rappeler, s’est vu chahuté par des députés du FLN lui demandant de s’exprimer en arabe. Nous noterons au passage qu’il serait, visiblement, trop demandé aux députés du FLN de faire preuve de pédagogie, et surtout, d’apprentissage de leur propre langue. C’était sans compter la détermination et l’expérience des députés du parti d’opposition qui ont imposé la poursuite de leur intervention.

Le sujet n’est, évidemment, pas ici de mettre en confrontation des langues inscrites dans la constitution. Il s’agit, en revanche, de suggérer au premier ministre, dont la déclaration de politique générale est truffée d’approximations, de phrases ronflantes et vides de sens en période de crise, d’utiliser les maigres deniers qui nous restent pour donner la priorité à l’éducation. Ceci afin de proscrire ces comportements infâmes à l’égard « d’étrangers » dans nos rues mais également à l’encontre d’Algériens au sein même de l’assemblée sensée être la représentation nationale. Mais peut-être que, pour une fois, l’Assemblée nationale est vraiment le reflet de notre société car le déni identitaire, antichambre du racisme, n’ont pas de frontières mêmes…institutionnelles.

Farida Souci

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