REMANIEMENTS : Allo Paris ici Alger !

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Le hasard des calendriers électoraux a voulu que les remaniements gouvernementaux interviennent de façon quasi simultanée en Algérie et en France.

L’objet de cet écrit n’est pas de comparer les deux pays. Ni les élections qui ont précédé ces deux événements ni la façon dont ils sont opérés ne relèvent du même monde. Transparence des élections, responsabilité devant l’assemblée, contrôle des cursus des postulants par des organismes indépendants avant désignation aux postes ministériels, démission des ministres devant la moindre suspicion constituent une marque française établie de longue date.  

Fraudes électorales, départ du gouvernement sans avoir donné son bilan devant la représentation parlementaire, justice qui refuse d’enquêter sur les ministres qui peuvent vivre au soleil avec leur pactole indûment accaparé en plein exercice d’un mandat exécutif, sont les règles du modèle algérien.   

La question est de voir comment les bi-nationaux d’origine algérienne, naguère en pole position en émigration, se comportent aujourd’hui dans la vie politique française. Et une comparaison avec les Marocains peut être utile même si celle-ci sera, à coup sûr, vilipendée par les relais d’opinion algériens toujours unanimes dans le déni quand il faut analyser les situations des deux pays.

On aura noté que les ministres d’origine marocaine ont tous tenu leur rang, à commencer par la singulière et médiatique Rachida Dati. La très jeune Najat Vallaud Belkacem s’est remarquablement acquittée de la gestion du difficile ministère de l’éducation. Aujourd’hui même, le tout nouveau secrétaire d’Etat à l’informatique, Mounir Mahdjoubi qui s’est fait brillamment élire contre le premier secrétaire du parti socialiste, est reconduit dans le gouvernement Philippe II.   

En écho, la candidature de la sénatrice Leila Aichi qui s’est alignée sur les « recommandations » d’Alger sur la question du Sahara Occidental a été écartée par le nouveau parti du président Macron. Il faut une recherche assidue pour trouver dans les recoins parlementaires une rescapée d’origine algérienne en la discrète Bariza Khiari. Cette modeste exception ne saurait masquer  l’état politique et moral crépusculaire de ceux qui ont émergé dans la communauté algérienne.

Les trois responsables d’origine algérienne ayant appartenu au gouvernement socialiste ont bien mal fini. Kader Arif, ministre des anciens combattants, Yamina Benguigui, ministre de la francophonie et Faouzi Lemdaoui, chef de cabinet de François Hollande, ont tous dû quitter leurs fonctions après avoir été impliqués dans  de douteuses affaires qui les ont conduits devant la justice.

Si on voulait remuer un peu plus le couteau dans la plaie, on soulignerait que même dans les réseaux terroristes, les islamistes algériens qui ont pourtant une plus grande « expérience » sont souvent des sbires de caïds marocains.

Une explication à ce revers politique, culturel et sociologique. Au contraire d’Alger, le Palais Royal marocain a conçu depuis longtemps une politique de repérage et de valorisation, avant recrutement, des compétences de ses ressortissants basés à l’étranger. De son côté, le système FLN a préféré constitutionnaliser la marginalisation de ses binationaux. Dans l’opacité d’un régime oligarchique finissant, il faut encore regarder du côté de la capitale française pour lire les secrètes pensées de ceux qui stigmatisent Paris tout en y investissant leurs intérêts…et en y prenant certains de leurs ordres.

 

Rabah Lounis

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :