SAID BOUTEFLIKA : Une solidarité mystérieuse

Said Bouteflika réconfortant Rachid Boudjedra

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C’est bien la première fois depuis bientôt vingt ans qu’il est conseiller privilégié d’un frère omnipotent que Said Bouteflika s’affiche avec les victimes d’un système médiatique parallèle destiné à semer la confusion politique, cultiver le populisme et mettre sous pression l’opposition.

La pollution de la scène médiatique est en effet une stratégie mûrement méditée par le clan présidentiel. Le but étant d’amener le citoyen à admettre par lui même que la pluralité médiatique et, plus généralement, la démocratie conduit à l’anarchie. C’est le chef de l’Etat lui même qui a ouvert la voie à un pullulement de télévisions sauvages «  tolérées » avec des sièges sociaux basés à l’étranger alors que la législation algérienne n’autorise toujours pas l’ouverture du paysage audio visuel. Les Algériens ont encore en mémoire le canular réservé par le clan Bouteflika au rachat du groupe El Khabar par le consortium Cevital.   

Ces médias parapublics sont exonérés d’impôts et, souvent, comme c’est le cas du groupe Ech-chourouk, ils sont dispensés de payer les imprimeurs auxquels ils doivent des ardoises se chiffrant à plusieurs centaines de milliards. En tout cas, l’impunité leur est garantie tant qu’ils ne sont pas pris en flagrant délit d’infidélité. Une seule condition est posée à ces mercenaires de la caméra avant acceptation: ne jamais critiquer ou attaquer le chef de l’Etat. Et sur ce sujet tous, sans exception, ont scrupuleusement honoré le contrat.

La question que pose la sortie du frère préféré de Bouteflika devant l’Arav( Agence de régulation de l’audio visuel ) à l’occasion de l’abus commis par la chaîne Ennahar contre l’écrivain Boudjedra est toute simple.

Pourquoi celui que l’on désigne comme le régent d’Algérie a-t-il tenu à se démarquer de l’organe médiatique le plus servile pour son clan ; le sulfureux Anis Rahmani n’ayant jamais attendu d’être sollicité pour témoigner son zèle.

Et si Anis Rahmani a échappé à la tutelle du clan Bouteflika c’est que réellement les choses bougent. Deux hypothèses se présentent à l’analyse.

Soit que la fin du chef de l’Etat est vraiment imminente. Les mercenaires, c’est bien connu, ont la particularité de toujours sentir le sens du vent pour s’offrir aux nouveaux maîtres ou, au moins, faire oublier leurs compromissions avec un pouvoir finissant.

Soit que Said Bouteflika, dont beaucoup annonçait un exil doré au Golfe où il se serait assuré de solides arrières, a décidé de rester en Algérie, ce qui voudrait dire qu’un deal a été trouvé avec les nouveaux prétendants au trône. Cette deuxième éventualité confirmant,elle aussi, la fin de règne de son frère.

Achour Sadji

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