SIYASSAT AL ARQAM : en veux-tu en voilà !

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La lecture de la dépêche de l’APS qui titre «Hausse de 17% de la facture les 4 premiers mois de 2017 » m’a fait rappeler inévitablement le sport national du jonglage avec les chiffres. On se souvient des passages à l’APN d’Ahmed Ouyahia, alors premier ministre qui abreuvait l’assistance de cette « Siyassate El Arqam » en pourcentage, en dinars et en dollars. Dans la dépêche qui nous concerne on apprend que le montant des importations du lait et produits laitiers s’est chiffré à 545,25 millions de dollars contre 311,85 en 2016, soit une hausse de près de 75%( !!!). Pour ce qui est des viandes, les importations se sont chiffrées à 96,65 millions de dollars (contre 72,22 millions de dollars), en augmentation de près de 34% ( !!). Quant aux sucres et sucreries, la facture d’importation s’est établie à 293,71 millions de dollars (contre 244,62 millions de dollars), en hausse de près de 20,1%. La facture d’importation du café et thé s’est établie à 128,22 millions de dollars (contre 108,22 millions de dollars), un bond de près de 18,5%. On se demande où sont passées ces quantités énormes que ni une hausse dans la démographie ni une quelconque pénurie en 2016 pourraient expliquer. A prendre ou laisser donc puisque l’Agence officielle se contente de donner des chiffres (sans jeu de mots).

C’est connu, chez nous les chiffres ou les statistiques sont servis à la demande ou plutôt selon la circonstance. La semaine dernière, un praticien de la santé publique, invité à la radio nationale, chaîne 3, expliquait que les fiches statistiques, sur la plupart des sujets comme par exemple le nombre de naissances,  envoyées par les établissements publics à la direction centrale du ministère étaient exagérément gonflées; le but est de maintenir le niveau des subventions déjà allouées et éventuellement l’augmenter. Tout le monde connait cette pratique, « du planton au ministre » comme on dit, mais chacun fait avec ajoutait-il. Problème : ces chiffres sont aussi utilisés par les pouvoirs publics à d’autres fins.

Autre exemple, votre serviteur, informaticien de profession, du temps où il était cadre à la direction de la Sonegaz était témoin de la « rectification » des chiffres du suivi de l’électrification rurale. Le superviseur qui s’occupait de rédiger l’avant projet du rapport à transmettre au ministre, voulait même que l’équipe« trafiquote» le programme informatique qui délivrait des chiffres qui semblaient lui donner la migraine. Bien sûr les chiffres annonçaient officiellement ne sont jamais ceux délivrés par ce fameux programme.

Parmi les experts les plus avisés beaucoup pensent qu’aucun gouvernement ne peut définir une politique de redressement nationale car tous les chiffres disponibles sont erronés à force de manipulations et d’approximations. On se souvient que lors de la campagne électorale pour les législatives du 04 mai, le RCD qui a rendu public un programme électoral avait préconisait la création d’un institut des statistiques sous l’égide des syndicats autonomes et la mise sous tutelle de l’Assemblée nationale de  l’office national des statistiques (ONS) pour le soustraire à l’exécutif. A méditer.

Omar Saïdani

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