Limogé par Bouteflika en 2016, Laksaci retrouve la voix

3ème rencontre Africa Econometric Society abritée par la BA du 29 juin au 1er juillet 2017.

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Mohamed Laksaci, ancien gouverneur de la Banque d’Algérie, vient de prononcer un discours à l’occasion de la 3ème rencontre Africa Econometric Society abritée par la BA du 29 juin au 1er juillet 2017. Comme beaucoup de responsables algériens, une fois débarqués, ils retrouvent leur « intelligence » pour proposer « les mesures vertueuses » qu’ils n’ont pas mises en place durant leurs années de compagnonnage du pouvoir.

Pour rappel, Mohamed Laksaci était gouverneur de la Banque d’Algérie (BA) de 2001 jusqu’à son limogeage décidé lors d’un conseil des ministres présidé par le chef de l’Etat, le 31 mai 2016. Son renvoi avait été précédé par une violente charge de Amar Saidani, alors secrétaire général du FLN. D’autres sources liaient son départ aux pressions des lobbies des importateurs mécontents de la dévaluation du dinar suite à la baisse des prix du baril. Quelques morceaux choisis de son allocution édifient sur les états d’âme de nombre de nos hauts responsables incapables d’agir en conviction quand ils sont en activité.

« Compte tenu de la part relativement importante des importations de biens et services relevant de la sphère budgétaire, l’ajustement budgétaire est également requis pour contribuer à réduire le déficit du compte courant extérieur ».  Beaucoup d’experts se sont alarmés bien avant 2015 d’une relation anormale entre le taux d’investissement public (60% du montant global de l’investissement total) et la croissance économique.

Ou encore

 « Afin de soutenir la position financière extérieure suite à l’érosion du niveau des réserves de change, le « gap » en ressources devrait être comblé en partie par le recours prudent à l’épargne du reste du monde [apprécions l’euphémisme pour désigner l’argent venant de l’extérieur] à travers, notamment, des investissements directs étrangers dans le cadre de partenariats. Pour ce faire, les flux d’investissements directs étrangers devraient être stimulés au moyen de réformes structurelles, … ». Signalons qu’aucune réforme structurelle n’a été engagée sous son autorité

Une dernière

« En injectant des liquidités dans le système bancaire après plus de quinze années au cours desquelles elle n’avait pas eu à jouer son rôle de préteur en dernier ressort, la Banque d’Algérie devra également continuer à veiller à la concrétisation de l’objectif d’inflation en situation de risques à la hausse en la matière. »

En quinze ans de règne, Laksaci n’a pas pu instaurer un système bancaire par la mise en place d’une politique monétaire. Il a, en outre, eu des attitudes plutôt timorées sur les scandales de trafic et transferts illicites de devises…

Rares étaient les observateurs et acteurs qui se sont émus de ces complaisances. On peut citer le RCD qui a proposé dans son programme électoral, lors des dernières législatives, une autonomie de gestion à la Banque d’Algérie afin de réguler les flux monétaires en faveur de la croissance-développement et bannir les pratiques des passe-droits. Ses dirigeants seront nommés pour un mandat irrévocable de 6 ans.

Ce coming out n’est pas une exception. Une fois libéré de ses charges officielles, Abdelatif Benachenhou, ancien ministre des finances, avouait de son côté: « les efforts de financement public stimulent plutôt la croissance économique… des partenaires de l’Algérie ». Sans commentaires.

Rabah Said

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