RIF (MAROC) : que demandent les contestataires ?

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Fin 2016, la mort de Mohcine Fikri, un jeune vendeur de poisson broyé accidentellement dans une benne à ordure sous les ordres de la police, a mis le feu aux poudres dans la province d’Al-Hoceïma. Sa mort ravivait les cicatrices des injustices sociales et politiques vécues dans le Rif.

Depuis près de 8 mois, la contestation s’organise pacifiquement autour du Hirak (Mouvement). Son leader, Nasser Zefzafi, a été arrêté après son irruption dans une mosquée de la ville. Il y a dénoncé le prêche calomnieux d’un imam. S’en sont suivies des centaines d’arrestation, des jugements assortis de peines lourdes.

Pourtant le message reste clair : « la contestation continue et de manière pacifique ».

Mais finalement que demandent les militants dans le Rif ?

Leurs revendications portent sur une meilleure prise en considération des besoins des provinces « isolées » telle celle du Rif dans les politiques sociales, d’éducation, culturelles, économiques…

Et depuis les arrestations, ils luttent contre l’impunité, le népotisme et la corruption. Mais également, pour  la libération de tous les prisonniers politiques, la fin de la torture et des violences policières…

Finalement, quoi de plus normal pour des citoyens que la volonté de se soigner, de travailler, de s’éduquer et de s’exprimer librement ?

Un geste des autorités marocaines, à savoir, tout d’abord, la libération des prisonniers politiques, commencera certainement par détendre l’atmosphère et apaisera les esprits. C’est d’ailleurs à cette démarche qu’avaient appelé, en vain, à travers une pétition remarquée signée par une trentaine d’intellectuels dont le très respecté universitaire et militant de la cause amazigh Ahmed Assid. Ce geste d’apaisement sera une première étape qui devrait permettre de s’asseoir autour de la table, de renouer le dialogue et de s’attaquer en profondeur aux problèmes qui minent cette région marocaine en particulier mais dont le sort est partagé par plusieurs autres régions amazighophones d’Algérie, de Libye et de Tunisie. Le Rif n’est qu’une expression emblématique d’une gestion autocratique et jacobine.

Il en va de la stabilité d’une région, d’un pays, de l’ensemble nord-africain.

Tarik Melloul

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