SESSION APW DE BEJAIA : le FFS rattrapé par la normalisation

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Lors de la session de l’APW de Béjaia des 12 et 13 juillet, le président de l’Assemblée de wilaya d’obédience FFS, écarté par la fédération FFS de Bejaia de la récente rencontre tenue entre les élus du parti et le président-directeur général de CEVITAL, a tout fait pour escamoter le débat autour de l’investissement et du blocage de la réalisation de l’usine de trituration de graines oléagineuses prévue par le groupe Cevital. Un vice-président du RND s’est aussi mis de la partie avec une véhémence qui contraste avec la position récente de son secrétaire général.

Dès l’ouverture, le FFS a refusé d’intégrer deux points à l’ordre du jour proposés par les élus du RCD. Le premier est en relation avec le projet d’extension de l’usine Cevital et le second concerne les libertés publiques et les interdictions d’activité opposées au café littéraire d’Aokas, décisions que l’administration traite au gré de ses humeurs. Si pour le second point, aucun motif n’a été mis en avant pour justifier le refus du P/APW de son intégration à l’ordre du jour, pour le premier point, on a signifié une fin de non recevoir au motif qu’il pouvait être dilué dans le débat sur l’investissement en général.

Le soir venu, l’exécutif de l’APW a annoncé, contre toute attente, à l’assistance qu’il fallait écourter les débats car le wali avait un programme chargé de sorties sur le terrain. Devant la protestation véhémente des autres élus, notamment ceux du RCD, le bureau de l’APW a été contraint de reprendre la discussion le lendemain.

Le 13 juillet, le débat a débuté dans la sérénité puis la stratégie de diversion du FFS a repris de façon sournoise. Les élus FFS ont axé leurs interventions sur les problèmes rencontrés par les investisseurs sans toutefois dénoncer l’attitude du directeur du port, Djelloul Achour, qui refuse illégalement l’accostage et le déchargement des navires transportant des équipements industriels destinés à l’usine de trituration de graines oléagineuses. Il ont fini, tout de même, par accepter une proposition qui vise à mettre en place une « commission mixte administration-élus pour étudier l’ensemble des projets en souffrance dans la wilaya dont celui de Cevital », occultant le caractère d’urgence que revêtent des équipements menacés de dégradation et qui sont baladés de port en port depuis des mois faute de pouvoir être déchargés à Béjaia.

Résultat : le projet de déclaration condamnant les dépassements de prérogatives du directeur du port et exigeant la levée immédiate du blocage du projet a été ignoré. Autant dire que le FFS, aidé par une partie des élus FLN et RND, a objectivement soutenu les abus caractérisés de Djelloul Achour duquel, probablement pressé par l’opinion publique, il s’était partiellement démarqué dans sa déclaration du 09 juillet.

Nous avions noté la timide évolution de ce parti sur ce dossier tout en rappelant que c’est sa position dans le cadre institutionnel de l’APW qu’il préside, qui sera déterminante. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps pour confirmer une intégration stratégique dans le système dont le FFS se pose maintenant en soutien assumé. Au niveau local, cette collaboration se traduit par un alignement systématique sur les instructions du pouvoir portant sur les stratégies de contention-étouffement de la Kabylie. L’affaire Cevital étant la plus patente mais non la seule compromission.

Pour rappel, le FFS a toujours préféré nouer ses alliances avec le FLN et le RND en Kabylie et refusé de travailler avec le RCD malgré plusieurs propositions de ce dernier.

Rabah Lounis

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