TEBBOUNE-HADDAD : qui aura le dernier mot ?

Reste une question. De quels soutiens effectifs dispose encore Haddad pour se permettre de défier aussi frontalement le premier ministre ?

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C’est par une réaction groupée de huit organisations patronales, auxquelles s’est adjointe l’UGTA, réunies ce mardi à l’hôtel Aurassi, qu’Ali Haddad, patron du FCE, a organisé sa riposte au premier ministre. Ce dernier lui a infligé une humiliation peu commune dans les annales des clientèles du régime quand il a exigé son départ de la cérémonie de remise des diplômes à l’école Supérieure de la Sécurité Sociale ( voir Ameslay du 15 juillet)

Le communiqué qui déplore les conséquences que peut avoir cet outrage sur «  le pacte économique et social » affirme, cependant, la disponibilité de ces partenaires à maintenir  « le dialogue avec le gouvernement ».

On sait que l’exclusion de Haddad de cette cérémonie a été aussitôt suivie par des mises en demeure sommant son groupe de reprendre les travaux sur lesquels sont enregistrés des retards ayant engendré de substantiels surcoûts. Jusque là, le groupe ETRHB, coutumier de ces préjudices, n’a jamais été sanctionné. Simultanément à ces pressions, le bilan de l’un des plus proches alliés de Haddad, Abdeslam Bouchouareb, précédent ministre de l’industrie, est régulièrement l’objet de sévères dénonciations médiatiques de la part de son successeur.

On notera cependant que la solidarité des patrons qui se limite à déplorer l’incident dans sa dimension protocolaire reste muette sur le problème fond qui est le statut d’Ali Haddad en tant qu’opérateur privilégié dans les marchés publics.

Un responsable d’une petite corporation de PME présent à l’Aurassi explique : «  les autres organisations patronales restent réservées car, d’une part, elles ne connaissent pas précisément l’ordonnateur du lâchage de Haddad ; d’autre part, toutes ces structures ont, à un moment donné, bénéficié d’avantages indus de la part d’un clan ou d’un autre, d’où cette solidarité sur la forme mais qui évite de se prononcer sur le sort qui peut être réservé au patron du FCE. »

Reste une question. De quels soutiens effectifs dispose encore Haddad pour se permettre de défier aussi frontalement le premier ministre ?    

Pour cet ancien diplomate, habitué des lectures des reclassements qui secouent le sérail : «  Bouteflika est tout à fait capable de mettre la pression sur Haddad, accusé d’avoir contribué à la promotion extérieure de Sellal comme successeur à son règne et, en même temps, lui laisser une bouée à portée de main pour ne pas donner trop de poids au premier ministre. »

Rabah Lounis

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