« Ces collectifs qu’on appelle pompeusement «cafés littéraires» » vous disent « merde »!

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Dans un éditorial intitulé Culture surpolitisée, le journal électronique Algériepatriotique, s’attaque aux Cafés littéraires au motif que « ces collectifs qu’on appelle pompeusement «cafés littéraires» tendent à se substituer aux partis politiques, discrédités et épuisés par leurs échecs répétitifs, où l’on s’arrange pour provoquer des rassemblements, des marches pour ameuter les foules, jouer les Dreyfusard et brandir des livres qu’on ne lira jamais.» La violence de la charge marque une double haine.

D’abord contre les partis politiques. Dans ce registre il ne s’agit ni des partis du pouvoir (FLN, RND, MPA, TAJ) ni des partis islamiques ; le journal aurait mieux fait de citer clairement ses cibles ou sa cible.

La deuxième « haine » est dirigée contre le dynamisme des militants de « ces collectifs qu’on appelle pompeusement « Cafés littéraires » ». Là aussi, il aurait été plus inspiré d’aller droit au but et de citer, ces lieux où « on s’arrange pour provoquer des rassemblements, des marches pour ameuter les foules… ». Nommer clairement la Kabylie et singulièrement Bejaia.

Laissant de coté le ton sentencieux et méprisant dans « jouer les Dreyfusard et brandir des livres qu’on ne lira jamais ». Quand on a que l’invective à servir, le sens de la formule prime sur le reste, tout le reste. Mais pendant qu’on y est dans « l’affaire Dreyfus, c’est l’armée contre la nation » disait Jaurès.

Au sujet des partis politiques qui refusent l’embrigadement du système, les formules de « discrédit », « tous les mêmes », sont depuis longtemps le lieu commun des commentateurs aux ordres ; personne n’y échappe selon la conjoncture, il n’y a rien de nouveau dans le feuille de route. Ce qui prête à interrogation, c’est l’acharnement à vouloir dénier à des militants associatifs d’appeler à la mobilisation pour se battre contre les interdictions et la répression des autorités qui visent à empêcher la tenue de leurs activités.

Le journal s’insurge du fait que « Toute production littéraire, tout forum culturel, tout auteur ne sont intéressants que par ce qu’ils apportent comme plus-value au débat politique ou comme matière à polémique susceptible d’irriguer les réseaux sociaux. » On oublie vite que c’est l’autoritarisme de l’Etat qui conduit à l’instrumentalisation de la culture on lui assignant un rôle de béquille aux objectifs politiques du régime.

C’est l’intégration de cette aliénation qui conduit à réduire la culture au souhaitable politiquement (moralement…). Du reste, il y a longtemps que le contrôle politique a montré qu’il n’était porteur ni de modernité ni de progrès. C’est l’Etat avec ses démembrements formels et informels qui freine l’aspiration des Algériennes et des Algériens à la modernité et au progrès sous des drapages idéologiques.

Le génie populaire trouve toujours les formes pour résister à la banalisation du déni de liberté et des entreprises d’aliénation, Cafés littéraires ou pas.

Rabah Said

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