Migrants en Algérie:quelle mouche a piqué le Professeur Chitour au sujet de la position du RCD?

Chitour

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Le professeur Chemsdine Chitour dont les contributions à la presse sur maints sujets sont appréciées d’un nombreux public. Sa culture savante dans de nombreux domaines doublée d’une curiosité et d’une sobriété à toute épreuve forcent le respect. Les questions humanistes et d’un ordre mondial injuste sont au cœur de beaucoup de ses réflexions. Il a ainsi signé dans le journal l’Expression,  un texte  intitulé : « TRAGÉDIE DES MIGRANTS, les faux humanistes et la réalité ». Evoquant les propos d’Ahmed Ouyahia qui fait du renvoi des migrants chez eux, la solution pour l’Algérie, il estime que « Le message, du responsable du RND a le mérite de la clarté. Il apporte des réponses discutables à un vrai problème qu’il ne faut pas éluder comme les déclarations des autres parties qui font dans la langue de bois avec des communiqués qui rivalisent de banalité ». Pour illustrer son propos l’éminent professeur cite pêle-mêle ces banalités en écrivant «Les pouvoirs publics ont fait montre de lourdes défaillances dans la prise en charge des immigrants clandestins. L’Etat doit assumer ses responsabilités dans ce sens. Qu’ils soient subsahariens ou syriens, l’Etat doit prendre en charge ces migrants qui sont dans une situation irrégulière», note le représentant du RCD. » On ne sait pas de quel responsable du RCD il s’agit. Par contre la position du RCD à ce sujet est celle, précisément, qui sort des incantations habituelles. « Dans ce registre des défaillances institutionnelles, la question des migrants subsahariens n’est pas seulement une illustration. L’ampleur du laisser-aller suggère que des parties au pouvoir ont délibérément poussé ces populations à se disperser dans toutes les villes du nord du pays pour susciter un sentiment de rejet au moment où il fallait les regrouper et prendre en charge dans des lieux décents et les traiter comme des réfugiés. L’exploitation de ce drame humain par de hauts responsables de l’État à des fins électoralistes en perspective des échéances à venir est manifeste. Cette stratégie macabre doit être combattue et une enquête doit être diligentée pour situer les responsabilités. » Notait le communiqué du Secrétariat national de ce parti, le 29 juillet 2017. Tout autre commentaire est superflu. Pourtant, le Rassemblement, par le biais de son ex président Sadi Sadi, déclarait en 2007 que la question de la migration subsaharienne, eu égard à la démographie et aux changements climatiques allait être  une question majeure dans les prochaines décennies. Dans son programme électoral pour les législatives de 2017, le RCD propose de « créer un organisme permanent chargé d’anticiper, prévenir et recenser les crises qui menacent la sécurité des territoires…… ». On est donc loin des banalités et du populisme.

Sur un autre plan, on peut débattre de la nature de la migration, le professeur Chitour estime qu’ « Il faut le dire, les migrants syriens sont des migrants de la guerre pour l’immense majorité, ils ont vocation à retourner chez eux, on dit que par centaines de milliers, les Syriens reprennent en partie le chemin de Damas. Ce n’est pas le cas de ceux du sud de l’Afrique qui sont des migrants économiques et qui sont là installés, sans perspectives. ». La guerre au Mali, l’impossibilité pour de nombreuses populations du Niger de rester sur leurs terres ou de « migrer » vers le Nigéria en que tant voie de salut naturelle pour fuir la mort et la faim à cause des exactions du groupe terroriste Boko Harram sont une problématique politique avant de constituer un problème économique.  Cela étant, de nombreuses remarques contenues dans cette contribution méritent débat car elles touchent des nœuds qu’il faudra bien un jour défaire pour que notre pays avance. Par exemple, le professeur cite, en parlant des ONG, les propos de Colin Powell, ancien secrétaire d’Etat US, pour lequel, nous dit-il : «Les ONG sont un démultiplicateur de force pour nous, une partie tellement importante de notre équipe combattante.». Pour notre part, ce n’est pas ce qui est fondamental car l’intervention étrangère par un biais ou un autre est avant tout rendue « acceptable » aux yeux de l’opinion à cause d’une gouvernance défaillante en premier lieu au plan de la démocratie et des droits élémentaires de la personne humaine. Amicalement.

Rabah Said

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