Mouton de l’Aid : le bon sens populaire supplée à l’impéritie du pouvoir

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Quelque semaines avant l’Aid El Kbir, les médias publics et apparentés, à commencer par la télévision d’Etat, vantent, dans leurs reportages, une baisse des prix du mouton suggérant par là l’accessibilité de l’objet du sacrifice d’Abraham à toutes les bourses. Il n’en est rien; les points de ventes officiels sont squattés précisément par la meute « des officiels ».

Dans un bureau de poste de la capitale, un retraité qui a perçu sa pension le jeudi 24 aout au lieu du 22 habituellement (le retard est général) fulmine contre la cherté de la vie et le peu de cas que le gouvernement fait de cette frange sociale. « Ils nous disent à la télévision que les prix du mouton sont abordables avec des interviews de personnes qui exultent après avoir soit disant acheté une bête dans les points de vente officiels. Il faut pas les croire, ce sont les messieurs de l’administration et de l’UGTA qui se font servir, après toi si tu pars là bas tu n’a que du rabouge (déchets) «. « Ah bon ! Les « oulad lahram » ils ne lâchent rien renchérit un autre.
L’incitation à l’affichage d’une religiosité débordante est le mot d’ordre des autorités à travers les médias publics. Dans les émissions de la radio officielle les cheikhs qui répondent aux questions des « courriers de citoyens » sont « sans pitié » pour la non observation de cette « souna mouakada ». Ni l’acquisition d’un logement ADL ni d’autres contraintes ne sont légalement recevables à leurs yeux. A une question d’un auditeur qui se demandait si « un mouton qui a perdu une partie de l’oreille c’est hallal », le cheikh de service s’étale pour expliquer que « le mouton de l’aïd est une offrande à Dieu. Il doit être parfait et d’un certain calibre ; en tout cas d’un âge de plus de 13 mois. » C’est à peine si les cheikhs n’arbitrent pas la course à l’achat du meilleur mouton à sacrifier.
Finalement, si les prix du mouton ont connu effectivement une certaine baisse, c’est grâce ou à cause (c’est selon) d’une baisse de la demande. Phénomène récent : Les habitants des zones rurales sont encore attachés à la sobriété et aux valeurs traditionnelles de responsabilité. Ils procèdent au sacrifice quand ils peuvent ou s’associent pour le faire sinon ils fêtent l’événement par l’amélioration des repas en viandes et desserts. Ce sont les habitants des grandes villes affublés du qualificatif de citadins qui recourent à l’exhibition « du meilleur mouton » faute d’intégrer les valeurs émancipatrices et valorisantes de la ville.
Bon Aïd à tous.

Rabah Saïd

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