ATTENTAT KAMIKAZE DE TIARET : que faut-il en penser ?

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Après celui de Constantine, l’attentat kamikaze de Tiaret est le second qui frappe l’Algérie en quelques mois. Les attaques en elles-mêmes ne sont pas bien préoccupantes si l’on s’en remet au passif qui a fait que dans la région nord-africaine c’est l’Algérie qui a été le premier théâtre où le terrorisme islamiste a expérimenté ses méthodes. Les conséquences de l’environnement sécuritaire qui prévaut au Sahel et du probable repli stratégique de Daech sur la Libye après ses récents revers en Irak et en Syrie étaient prévisibles.  Il faut être dans la béatitude des courtisans biberonnés au baril qui font d’une agonie présidentielle une bénédiction nationale et d’une « réconciliation nationale », abandon de l’idée même de justice, une solution à un problème aussi lourd et complexe que le radicalisme islamique pour croire que notre pays resterait indéfiniment à l’abri d’un retour de manivelle avec un régime définitivement discrédité, une éducation au rabais et une vie culturelle livrée à la surenchère religieuse.

Quand on construit une mosquée à plus de quatre milliards de dollars et que l’on abandonne la construction de cinq centres hospitalo-universitaires ( CHU ) ultra modernes prévus à  Tlemcen, Alger, Tizi-Ouzou, Constantine et Ouargla livrés équipés et gérés pendant cinq ans avec la formation idoine et coûtant à peu près la même somme, il faut savoir encaisser le prix d’une vision politique qui privilégie la concurrence théocratique à la démocratie citoyenne.

Non, si l’on s’en tient aux fautes, aux abus, aux gaspillages et autres abaissements des institutions commis au profit des alignements népotiques qui ont été les modes opératoires préférés des dirigeants algériens, on  peut considérer que l’Algérie ne s’en est pas trop mal sortie.

Ce qui va poser problème, ce sont les explications plus ou moins visqueuses qui refont surface dans certains médias pour orienter les réflexions vers des origines complotistes du fondamentalisme ; explications qui exonèrent totalement les régimes autocratiques  de leurs prédations, égarements et irresponsabilités. Dans une interview donnée au journal en ligne TSA, un ancien officier du DRS y va de ses doctes et fétides élucubrations pour nous convaincre que l’attentat de Tiaret est vraisemblablement le fait de séparatistes ( au choix: Kabyles, Mozabites,  Touaregs…), tous bien évidemment affiliés à l’impérialo-sionisme. Quelques commentaires primitifs vitupérant contre les ennemis de l’Algérie, finissent d’assaisonner la bouillabaisse.  

L’étouffement des liberté qui livre l’opinion aux médias du Golfe et aux charlatans des télévisions parapubliques « tolérées », le maillage mafieux de la société par un DRS omnipotent et tuteur auto-proclamé de la nation, la confiscation de la rente par des réseaux échappant à tout contrôle n’ont rien à voir avec la régression algérienne, terreau de toutes les barbaries.

Que l’on sorte de la naphtaline un apparatchik appartenant à l’organe qui a vitrifié le pays au point d’en faire l’un des plus fanatisés, n’est pas de bonne augure.  

Non seulement l’islamisme produit par le système est assuré de sa longévité mais il est interdit de lui faire endosser ses crimes. Et encore moins d’évoquer ceux qui l’ont couvé pour l’instrumentaliser.

D’ici que l’on provoque ou encourage quelques opérations suicidaires plus spectaculaires dont les services de renseignements algériens ont le secret pour faire regretter leur époque, il n’y a pas loin.

L’attentat de Tiaret a de quoi inquiéter mais pas pour les raisons que la presse officielle nous donne.

Akli Remaoune.

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