L’ALGÉRIE DEFAITE PAR LA ZAMBIE : débat original sur la toile

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Divine surprise. La toile a révélé ce samedi soir des discussions acides voire saignantes mais souvent intelligentes sur un sujet généralement abîmé par la passion. Dans un pays ou le sport roi est une drogue dispensée sans retenue par le régime, la défaite de 3 buts à 1 concédée par l’Algérie devant la modeste Zambie, signant une probable élimination de l’équipe nationale du mondial de 2018 en Russie, est saluée sur les réseaux sociaux par des citoyens, dont certains sont des sportifs, qui disent ne plus accepter de continuer à applaudir à une supercherie doublée d’une autre humiliation.

Les membres de la sélection algérienne, explique Loupiote, sont des joueurs de niveau moyen, pour la plupart formés en France et qui se sont rabattus sur l’Algérie faute d’avoir été retenus dans la sélection tricolore. Il concède « que le choix des Bleus en première intention est parfaitement compréhensible pour des jeunes professionnels dont la carrière dépend en bonne partie de l’exposition qu’offrent les équipes nationales». Et d’appuyer sur la plaie en signalant que  « de ce point de vue, entre l’Algérie et la France il n’y a pas photo. Il suffit de voir les options des Fekir ou, avant lui, Benzema ; même si ce dernier, ajoute-t-il un brin assassin, qui s’est distingué autant sur les terrains que dans les rubriques faits divers, a décidé de compenser son exclusion de la sélection française en se rendant à la Mecque, histoire de se rappeler au bon souvenir d’une communauté à laquelle il n’avait pas accordé ses faveurs de surdoué du ballon rond. »

Kafka Rétro, lui même émigré, réplique « qu’il importe peu que ces joueurs soient algériens par défaut ou dépit. » Après tout, fait-t-il remarquer, le pouvoir a constitutionnalisé la stigmatisation des binationaux auxquels certains postes de responsabilité sont interdits par « précaution patriotique » alors que l’on attend de leur alter ego sportifs de représenter tout un peuple et « de servir de modèle à sa jeunesse dont tous les dirigeants assurent qu’elle est la première richesse du pays. »

Une jeune femme, étudiant à Pau, souligne qu’au même moment, elle observe autour d’elle « que les gouvernements tunisiens et marocains font des ponts d’or à leur diaspora », le temps que leur enseignement, « définitivement libéré des surenchères post coloniales », donne ses premiers fruits, lui expliquent ses camarades de l’est et de l’ouest.

Rachid, ancien cadre du secteur public reconverti dans la communication, estime que ce rapatriement de second choix n’empêche pas « nos parrains de faire accompagner les joueurs nés et vivant en France par un mufti pendant leurs déplacements et de présenter leurs succès ( plutôt rares ) comme des résultats… du programme du président de la république ».

Un autre qui annonce avoir enfin régularisé sa situation à Lille où il avoue son éblouissement à la braderie malgré les risques s’invite à la polémique : «  on nous a demandé de voter pour un poster dans une élection présidentielle et on se réjouit d’avoir un chef de l’Etat qui ne parle pas mais dont les petites sangsues de la ressource algérienne nous disent que son cerveau marche mieux que ceux de tous les Algériens réunis. »

Il faut croire que ces dérisions ne suffisent pas à décourager les adeptes du pouvoir dont les réponses sont plutôt expéditives. Pour eux, les auteurs de ces  interventions « sont des traîtres ou des agents du sionisme mondial. »  

Ces attaques n’empêchent cependant pas les rafraîchissantes impertinences de leur faire d’autres pieds de nez.

Voici la réaction de Hamid, ingénieur et handballeur à Alger qui, visiblement, veut en découdre avec le football :

« Il faut en plus accepter de jouer les cocus en faisant mine d’ignorer que la sélection algérienne est formée par le pays d’oppresseurs dont on exige la repentance, où on place son argent et auquel on confie sa santé au moindre bobo. »

Cette défaite, l’assure Krimo, nous évite d’avoir à faire semblant de croire  » que des jeunes nés et vivant en France, parce que l’Algérie a été incapable de donner du travail à leurs parents, sont adoptés comme des exemples issus du terroir auxquels les gens de leur âge devraient s’identifier. » Il n’y a pas besoin de football, s’insurge-t-il, pour constater que nos enfants ont envie de ressembler à des acteurs menant leur vie ailleurs. « Sitôt sorti de l’enfance, l’adolescent algérien ne rêve que de quitter le pays, quitte à nous revenir comme footballeur au rabais ou…kamikaze. »

 

    Synthèse Akli Rahmoune.    

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