PLAN D’ACTION DU GOUVERNEMENT : pourquoi les sombres perspectives d’Ouyahia ?

Gouvernement

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Après avoir longtemps rassuré les Algériens sur la bonne santé financière du pays, à travers plusieurs déclarations des gouvernements successifs, voilà venu Ouyahia, décidé, pour des  calculs évidents, à ne plus continuer à cacher la réalité amère de la conjoncture financière difficile que traverse le pays.

Passons sur le préambule encenseur en faveur du Chef de l’Etat et les rappels de l’ « action des institutions » que contient le plan d’action du gouvernement ; la partie glaciale est réservée aux Algériens dans « la démarche de redressement des finances publiques » adoptée par le Conseil des Ministres.

En effet, les indications de la situation financière du pays, les risques qu’elle véhicule et les solutions pour y faire face annoncent  clairement une faillite, au plus, dans trois ans. Une façon pour lui d’enjamber les risques du rendez-vous de 2019.

Pour Ouyahia, « la situation des finances publiques est préoccupante ».Même s’il est habitué à leur gestion opaque,  il nous livre, enfin, une « nouvelle », longtemps cachée aux Algériens sur le Fonds de régulation des recettes (FRR) quand il déclare qu’ « il est épuisé en février 2017 ».

En effet, les déficits budgétaires successifs ont fini par assécher la totalité de l’épargne du trésor qui était logée dans cette caisse noire du régime. Le RCD a longtemps interpellé les gouvernements successifs sur  l’absence de transparence dans la gestion de ce fonds au sein du Parlement. Ouyahia,  qui vient de prévenir que « l’année 2018 s’annonce plus complexe encore », doit dissimuler plus que ça.

En fait, Ouyahia prépare les Algériens à un proche avenir périlleux, tout en lorgnant sur les échéances à venir, car il ne lésine pas sur les mots pour obscurcir une situation dont il n’ignore pas que c’est l’aboutissement de 18 ans de règne sans cap ni projections sous Bouteflika. Enfin, pour les plus avertis, ce n’est qu’une manière ésotérique d’assombrir le bilan d’un Bouteflika à qui, pourtant, il n’a jamais rien refusé.

On peut en juger par les risques qu’il égrène, dans son document, en l’absence de solutions nouvelles : « processus de perte de souveraineté économique en recourant massivement à l’endettement extérieur, incapacité à honorer le service de cette dette, recours aux institutions financières internationales et mesures économiques et sociales draconiennes ». D’autres périls nous sont épargnés dans sa présentation. Une présentation à l’opposé des assurances dont a ordinairement usé l’actuel Chef de l’Etat.

Plan d’action de gouvernement ou rampe de lancement pour Ouyahia ? Le message est clair et les Algériens sont avertis : l’enfant de l’opacité est là, embusqué et missionné pour perpétuer un système décrié. Rêve encore d’un destin sur le dos du peuple !

Atmane Mazouz

 

 

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