BOUKROUH ACCUSE ALI YAHIA ET SES AMIS DE PLAGIAT

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Taleb Ahmed Ibrahimi, Ali Yahia Abdenour et Rachid Benyelles qui viennent de signer une tribune en appelant à un front contre une cinquième candidature de Bouteflika ne seraient, à croire Noredine Boukrouh, que de vulgaires plagiaires d’une idée dont il estime être l’auteur exclusif. Mieux, il dénie le titre de personnalités à ces trois acteurs importants de la vie politique nationale.

Selon Boukrouh, personne avant lui n’a émis de désaveu contre le règne sans partage de l’homme d’Oujda. Pas un journaliste n’a produit un écrit critique, pas un parlementaire ne s’est élevé contre les révisions de la constitution qui ont transformé le sacre de Bouteflika en « présidence à vie », pas un homme de culture ne s’est indigné du triste spectacle que donne du pays le muet d’El Mouradia et le mouvement barakat dont le nom dit bien son sujet ne fut qu’un mirage.

Bref, avant les récentes et tapageuses irritations de l’ancien président du PRA, la scène algérienne était aphone, soumise voire complaisante quand il ne la catalogue pas dans le registre de la basse complicité.

Ce n’est pas la première fois que l’homme  se pose en éclaireur unique et inégalable des consciences.

Il y a encore quelques semaines, il avait défrayé la chronique en révélant avoir convoqué séparément en 1995 Mahfoud Nahnah et Said Sadi pour leur demander de se retirer de l’élection présidentielle après les avoir informés, disait-il, des vérités crues qu’il avait assénées «  face à face » à Liamine Zerroual, candidat des militaires. La mise au point de Said Sadi avait mis un terme à ce qui devait faire de Boukrouh le premier candidat à avoir eu l’idée d’abandonner en pleine campagne une élection présidentielle. Il s’agissait, en effet, « d’effacer » les candidats qui s’étaient retirés ensemble en 1999 pour laisser Bouteflika face à lui même. Ce genre d’éclat ne pouvait pas et ne devait pas être l’œuvre de quelqu’un d’autre. Le seul génie qui a tout pensé, tout entrepris avant tout le monde, c’est lui.

Le psychiatre Salah Benmekki avait mis un diagnostic sur ce genre de prétentions . Pour lui, M. Boukrouh est atteint de ce qu’il dit être une démence vésanique. D’après Wikipedia cette pathologie est une forme de folie mégalomaniaque où le sujet, encore capable de raisonner, perdant le sens du jugement, finit par croire à ce qu’il rêve d’avoir fait.

Il faut, par ailleurs, rappeler que monsieur Boukrouh est un fervent disciple de Malek Benabi, que feu Reda Malek désignait comme un « fantaisiste hurluberlu » qui avait enfumé son cercle d’amis par des concepts mêlant le nazisme, le mysticisme musulman, quelques bribes prélevées chez des penseurs allemands du XIXéme siècle… Plus tard, M. Boukrouh a découvert le journalisme pamphlétaire avec Kamal Belkacem.
Pour rappel, Malek Benabi avait accusé Abane  d’être «  une erreur induite de l’extérieur par l’ennemi » pour torpiller la révolution algérienne. En 1980, Kamal Belkacem, avait voulu se mesurer à Mouloud Mammeri qui l’avait immortalisé par une mémorable réplique.

En s’attaquant à des hommes comme Ali Yahia Abdenour, Taleb Ahmed Ibrahimi ou Rachid Benyelles, Nordine Boukrouh perpétue la pédagogie de maîtres qui partagent deux caractéristiques : « se battre » loin du théâtre des opérations et surnager par l’invective.

 

Ait Ali Brahim

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