KABYLIE : OUYAHIA RENOUE AVEC LA MANIPULATION

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Nous avons écrit ici même que le quatrième rappel d’Ahmed Ouyahia sera d’abord déterminé par la décision qu’il prendra dans le scandaleux chantage qui se joue au port de Béjaia où le directeur, Achour Djelloul, s’emploie quotidiennement à empêcher, au mépris des lois en vigueur, les réceptions des équipements du groupe Cevital. Pour bien assumer son rôle de shérif local, ce directeur, ivre de son pouvoir sans limites,  a été jusqu’à faire réembarquer des containers alors qu’ils étaient dédouanés.

Depuis qu’il a été rappelé comme premier ministre, Ouyahia, pourtant très bavard sur les «  abus  » de l’opposition,  reste totalement muet sur  un dossier qui apparaît déjà, aux yeux des observateurs nationaux et étrangers, comme l’un des coups fourrés les plus scabreux de la vie économique algérienne.  Ce mutisme prévaut toujours  en dépit des interpellations de plusieurs députés appartenant à divers partis.

Pourquoi ce silence assourdissant d’Ahmed Ouyahai?

La raison de base est connue. Du reste, Achour Djelloul la crie à qui veut l’entendre : Said Bouteflika et le protégé de sa famille, Kouninef, qui réalise en plein port de Djendjen la même unité que celle qui est interdite pour Cevital à Bejaia, l’assurent de leur complète protection. Or, nul ne peut attendre d’Ahmed Ouyahia de relever un défaut chez le clan présidentiel et a fortiori son parrain, auquel « le prix Nobel du mensonge », comme l’a si joliment qualifié une députée du RCD,  a même décerné la primauté de la création des cantines scolaires, oubliant, l’ingrat, qu’il en a lui même bénéficié quand il était écolier.

Mais en plus de l’aveuglante vénération que le plus zélé des KDS voue à tous ses tuteurs, il y a maintenant d’autres développements qui signent une collusion d’intérêts mafieux. Ouyahia, peu gêné par ce qui s’apparente à un évident conflit d’intérêt, appelle personnellement les investisseurs de Kabylie pour leur enjoindre de financer et de soutenir ses candidats dans cette région. Arrivé en dernier sur le marché politique et  disqualifié par les conditions mêmes de sa naissance, le RND est, en effet, réduit à ramasser des individus évincés d’autres formations politiques. Il y a pire; à l’instar de son ex-député Allilat, du P/APC de Mekla ou, plus horrible, de l’assassin d’Ali Mecili ( qui ne s’est retiré qu’à la suite de pressions de son entourage), d’autres candidats ne sont que des clients récidivistes de la justice. C’est dire s’il faut du temps et beaucoup d’argent pour espérer pouvoir montrer ces énergumènes en public.

C’est ainsi qu’à Boumerdes, le patron de KIA Motors s’est entendu dire que les importations de véhicules pouvant reprendre en 2018, il serait plus sage de penser à « allaiter  le bébé à moustache » dans sa wilaya.

A Tizi Ouzou, le propriétaire d’un hôpital privé ayant couté des centaines de millions de dollars, transforme subitement son établissement en centre d’accueil où les personnels sont invités à exploiter la détresse de la maladie pour demander aux patients  d’être reconnaissants au «  fils de la région qui sera porté au pouvoir par l’armée en 2019 ». Sans compter Ould Ali Lhadi qui déserte son département ministériel pour errer dans les cafés ou écumer le fêtes et les veillées funèbres afin de dispenser les promesses d’infrastructures et autres promotions et/ou interventions qu’il n‘a, évidemment, pas eu le temps d’honorer auparavant.

A Béjaia, c’est l’importateur et multimilliardaire Boudiab qui exploite le port ( nous y voilà ) avec la docile collaboration de Djelloul Achour. Comme par hasard, le généreux importateur qui avait longtemps arrosé le FLN est désormais le sponsor officieux des listes RND. Petit détail : Djelloul Achour dispose d’une résidence en Espagne dont des enquêteurs bougiotes, qui promettent de rendre bientôt publiques leurs investigations,  assurent qu’elle a été gracieusement offerte par…Boudiab.

On le voit, dans le dossier Cevital, il y a, certes, la peur et la soumission au clan présidentiel mais le silence d’Ouyahia  vaut aussi son pesant d’or.

Après sa virée à Béjaia pendant la campagne des législatives, le premier ministre, bien décidé à finaliser en Kabylie le travail commencé pendant la période des arouchs, compte se rendre à Tizi Ouzou avant les élections locales. Il doit visiter la ville d’Oued Fali où se dresse le fantôme d’un stade construit par son ami Haddad et qui devait être livré…en novembre 2014. Mais il s’agit surtout de rassurer ses parrains sur sa volonté à continuer la mission de pourrissement de la région où, on s’en souvient, il avait bloqué en 2008 un financement du PNUD qui devait définitivement débarrasser les populations des décharges sauvages pestilentielles qui  les tuent à petit feu.

Ces dernières,  qui se vengent comme elles peuvent, lui reconnaissent la paternité de ces cadeaux empoisonnés auxquels elles associent désormais son nom en appelant ironiquement ces tas d’immondices  « thivhirin Ouyahia. » ( les jardins d’Ouyahia). A signaler que l’usine de traitement des ordures ménagères et la station d’épuration des eaux usées offertes par le groupe Cevital à la wilaya de Bejaia sont également gelées.

Mort programmée de Cevital à Béjaia; annulation de financements de centres d’enfouissements techniques  à Tizi-Ouzou. Qui peut revendiquer pareil bilan ?

Et dire que de mauvaises langues susurrent qu’Ouyahia, dévoré par une ambition maladive,  n’a rien fait pour la Kabylie.

Rabah Lounis

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