OUYAHIYA : une nomination-neutralisation ?

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Il est un secret de polichinelle qu’Ahmed Ouyahia aspire à la magistrature suprême depuis belle lurette. Ses velléités lui ont même coûté son poste de premier ministre par le passé alors qu’il avait publiquement déclaré qu’il ne se présenterai jamais face à Bouteflika. Oui mais lequel ?.
En effet, Ouyahia est connu pour ses positionnement à géométrie variable. Il est souvent dépeint comme pouvant défendre une chose et son contraire en un laps de temps très court et sans aucun état d’âme. il a assumé toute sorte de posture allant « d’éradicateur » à « réconciliateur », proche des militaires puis du clan présidentiel. Il est difficile de ne pas penser qu’il va même jusqu’à cultiver cette image d’homme malléable et disponible en vue des échéances futures. Cependant, Bouteflika connaît parfaitement le personnage. Il sait qu’il ne peut lui faire confiance si l’agenda politique évolue.
En réalité, il est fort probable que la nomination d’Ouyahia au poste de premier ministre, après l’épisode Tebboune, obéisse à des objectifs et un agenda bien déterminés. En premier lieu, il s’agissait de désamorcer une crise qui pouvait faire vaciller le régime après les passes d’arme qui ont eu lieu entre Tebboune et quelques proches du cercle présidentiel. Ensuite, il fallait une personne habituée à endosser toutes sortes de « sales besognes » pour faire face à une opposition déterminée au sein de l’Assemblée comme nous avons eu à le constater avec les interventions des députés du RCD. Enfin, et c’est peut-être la raison principale, il fallait neutraliser Ouyahia pour la présidentielle de 2019 quelque soit le scénario de cette dernière. En effet, Bouteflika sait très bien qu’Ouyahia peut se présenter contre lui si les équilibres occultes du pouvoir le lui permettent. À fortiori si le candidat est autre que le chef de l’Etat lui-même.
Ramener Ouyahia « aux commandes » durant une période qui, selon tous les observateurs, risque de s’avérer très délicate pour le pays mais surtout pour le régime est le meilleur moyen d’accentuer l’image déjà largement détériorée que traîne le premier ministre auprès de l’opinion publique et ainsi le neutraliser pour 2019.
Samir Maci.

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