Projet de loi de finance 2018 : l’austérité pour les plus faibles

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Le projet de loi de finance pour 2018 prévoit des dépenses de fonctionnement à hauteur de 5 484,5 milliards de dinars, une baisse de 8 milliards (-0,2%) comparativement à 2017.

A première vue, on peut penser que l’Etat rogne enfin sur son train de vie pour juguler les dépenses de prestige et l’entretien de ses clientèles et, par la même, donner l’exemple à l’effet d’un signal pour ses autres démembrements dans une administration gangrénée par la pléthore et la bureaucratie. En fait, il n’en est rien.

Dans le détail, les dépenses de rémunération du personnel diminueraient de 38, 3 milliards de dinars par rapport aux crédits révisés de 2017, elles passeront de 2173,5 milliards de dinars à 2 135,2 milliards en 2018. Dans ce registre, le gouvernement ne se contente plus du gel des salaires, acté avec l’UGTA, et qui lamine le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité des salariés mais il décide du non remplacement des 14 521 postes budgétaires qui seront libérés par les départs en retraite. Mieux ou pire, c’est selon il y a eu plus « l’étalement de l’avancement normal du personnel ».

Dans ce sillage, « les dépenses de matérielles, fonctionnement des services d’entretien diminueraient 1,2 milliards de dinars ». Il suffit de penser au parc de matériel médical des hôpitaux publics pour imaginer l’impact de cette décision.

Un des problèmes est de procéder à une limitation mécanique du recrutement des fonctionnaires. Le représentant du RCD dans cette commission a interpellé le Directeur général du budget. En effet, cette limitation mécanique dénote de l’absence d’études et de projection. Concrètement, on peut décider de geler temporairement les recrutements dans un secteur de la vie publique à cause de difficultés budgétaires conjoncturelles. Mais, quand on décide que l’on ne va pas remplacer les départs en retraite dans la police, les collectivités locales, l’éducation, la santé, l’enseignement supérieur et la recherche scientifique…, on est en droit de se poser la question de savoir si le gouvernement a une vision et un cap pour sortir le pays au moins de cette impasse budgétaire.

On sait que l’Etat algérien vit au dessus de ses moyens et de multiples niches de réduction de dépenses au sein des différentes administrations ou du chapitre des « charges communes » qui culmine à plus de 400 000 milliards de dinars sont des prises en charge de clientèles ou des dépenses superflues. Une volonté politique de rationnaliser les dépenses publiques passe par une plus grande transparence et la réduction de ces niches.

Manifestement, les couches sociales fragiles vont subir les effets inflationnistes de la planche à billets, l’aggravation du chômage et une perte constante du pouvoir d’achat. C’est là un choix stratégique du gouvernement Ouyahia.

Rabah Said

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