RADIOSCOPIE ELECTORALE N°4 : « LES INDEPENDANTS » SOUS MARINS DU DRS

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Rares à l’époque, les listes des indépendants étaient apparues dès les élections qui ont suivi l’arrêt du processus électoral. Le FLN ne pouvait plus offrir des candidatures acceptables et le RND n’avait pas encore été lancé pour cloner le RCD ( jusqu’au sigle où seul le « N » remplace le « C » ) vers lequel convergeaient les cadres et les élites.

Il fallait alors imaginer un stratagème qui sème le doute dans la société en attendant de généraliser la pollution de la scène politique par une formule qui conduira peu à peu le citoyen à se résigner puisque « les acteurs politiques sont tous les mêmes ».

Des mouchards des services spéciaux, des individus coupables de divers délits, travers ou tentations et des exclus des partis de l’opposition, qui peuvent d’ailleurs être tout cela à la fois, sont, depuis longtemps, projetés dans l’arène pour faire office de candidats neufs, libres et même sains ou naïfs puisqu’eux « ne font pas de politique ».

Sitôt arrivés à l’assemblée nationale, les « indépendants » sont récupérés et organisés en groupe parlementaire pour apporter leur soutien au « programme du chef de l’Etat ». La même tactique vaut pour les « indépendants » des élections locales.

Evidemment, les officines sont toujours mobilisées pour leur collecter une partie des voix des corps constitués et les médias publics ou parapublics sont réquisitionnés pour faire la promotion de ces candidatures.

Pour rester dans les dernières illustrations de cette manipulation, on peut citer les cas d’Ait Hamouda Nordine ou de Wahab Ait Menguellat rejetés par le RCD et aujourd’hui recyclés en « indépendants ». Hier ennemis, ils se sont transformés du jour au lendemain en frères jumeaux.

Le premier qui avait déclaré en 2012 en plein congrès renoncer à toute responsabilité politique s’est fait « élire » en mai 2017 à l’âge de 68 ans avec les voix de la gendarmerie et certaines organisations contrôlées par le ministère de l’intérieur. Selon Lynda K, animatrice de l’association de la prévention routière de Tizi Ouzou à laquelle est allouée la coquette somme de 12 00000 dinars chaque année, c’est le ministre de l’intérieur Bedoui lui même qui a ordonné de voter pour son protégé Ait Hamouda. Ce dernier, sitôt arrivé à l’APN, a officialisé son recrutement. Aidé par les agents du DRS de l’Assemblée il s’est fait désigner responsable des « indépendants ». Sa première action fut de faire signer à tous ses pairs une vulgaire déclaration dirigée contre le RCD. Malgré de rares et timides protestation, tous ont accepté d’assumer un tract indigne, y compris pour une institution algérienne. Quelques jours plus tard, Ait Hamouda, incapable d’écrire une demi phrase est bombardé représentant de l’APN auprès de…l’Union Eurpéenne. Et en bon « indépendant », il votera, certes honteusement, le scandaleux programme d’austérité d’Ouyahia.

Ait Menguelet Wahab, dont la gestion est prise dans d’inextricables problèmes fonciers et subsides illégales, s’est précipité de prendre une photo avec le même Ouyahia pour se protéger des plaintes déposées contre lui par des citoyens et solliciter la bienveillance de la wilaya dans sa campagne.

Même scénario à Makouda où un ancien du RCD a été encouragé par le secteur militaire de Tizi Ouzou de « tenter sa chance » car le RCD semble en mesure de remporter cette municipalité.

La liste « indépendante » à l’APW de Tizi Ouzou, parrainée par le même Ait Hamouda, est confiée à un médecin, avorteur multirécidiviste, qui aurait du être, depuis longtemps, au minimum radié du corps médical.

A Bejaia, le sponsor du RND Boudiab, qui a squatté le port de Bejaia avec la complicité du directeur Djelloul Achour, n’hésite pas à mettre la main à la poche pour déstabiliser les listes de l’opposition dans les communes où le RND et le FLN sont en mauvaise posture. L’ex député RND Allilat, originaire de Sidi Aïch et déjà condamné à plusieurs reprises pour chèques sans provision, prête main forte dans cette opération dans la vallée de la Soummam…

A Boumerdes, une liste « indépendante », composée essentiellement d’anciens membres de l’UNJA, a été lancée par un ancien général du DRS à la retraite, un certain Alili, originaire de Taourga, pour diviser l’électorat du RCD qui est bien parti pour conquérir l’APC d’Afir. Faute d’avoir pu collecter les signatures nécessaires, les recrues d’Alili se sont rabattues sur le parti maison El Moustaqbel dont nous reparlerons dans notre radioscopie N°5.

Dans la quasi totalité des cas, les « indépendants » sont des sous marins des services spéciaux . Ce qui en fait les candidats les plus dommageables pour les villages et les quartiers car ceux du FLN et du RND sont déjà repérés comme des miliciens du pouvoir. Il faut du temps pour démasquer les moins connus et quand cela se fait, les dégâts commis sont difficilement rattrapables. De plus, ces mercenaires ne sont redevables à aucun parti auprès de qui pourrait se plaindre le citoyen. Comme ils sont tenus par des dossiers troubles ( dettes, moeurs, faux et usage de faux, corruptions…), ils sont des proies faciles pour leurs parrains qui peuvent, sans problème, les opposer aux populations qui refusent le clientélisme ou la soumission..

Rabah Ait Lounis.

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