CHAKIB KHELLIL : RETOUR DE L’ENFANT MAUDIT

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A suivre les émois de courtisans proches d’Ould Abbas, toujours à l’affut des humeurs et souhaits du monarque, les rares murmures audibles de ce dernier sont dédiés à Chakib Khellil ; l’homme qui avait su mettre le prix pour gagner la mansuétude des USA même, si en vingt ans de règne, il n’est pas parvenu à faire inviter Bouteflika à la Maison Blanche. La frustration fut dure à vivre mais la complaisance américaine a un coût.

C’est aussi cet homme que les services spéciaux, alors dirigés par le général Toufik, avaient décidé de présenter à la justice avant que les instructions divines ne viennent ordonner au procureur de tempérer ses ardeurs puis d’oublier les charges, pourtant déjà transmises à Interpol, pour « cause de vice de procédure ». La chute de Khellil eut été un coup fatal pour celui qui en avait fait son plus solide allié. Le boulet de canon est passé très près. L’occasion ne se reproduira pas. Et le velléitaire Toufik le vérifiera à ses dépends.

Les connaisseurs du bouteflikisme savent que le retour par la grande porte de l’ancien banni était managé par l’occupant d’El Mouradia en personne. C’est lui qui a recommandé le périple des zaouïas, structures, toujours pressées de devancer les envies des puissants et dont Bouteflika qui les a enrôlées tant de fois connaît mieux que quiconque la docilité comme la vénalité.

C’est, également, lui qui a « sensibilisé » les milieux d’affaires italiens sur les risques de laisser s’éterniser dans leurs tribunaux l’affaire Khellil-Bedjaoui dont les éclaboussures ne manqueraient pas d’atteindre quelques grandes figures de la Péninsule.

Et on sait que Bouteflika, qui est tout sauf un philanthrope, n’investit jamais sans rapport immédiat. Quand l’homme d’Oujda suit une piste, elle doit rapidement conduire à la cagnotte.

Signe qui atteste de l’imminence du retour en grâce de celui à qui on s’empresse désormais de témoigner disponibilité et soutien : la sortie de Haddad dont on sait qu’il est la cassette de Said Bouteflika, aux sens propre et figuré. Il décrète, avant même que la justice ne se prononce, « que Chakib Khellil a été victime d’injustice ». Autre symptôme de la fièvre qui gagne le sérail : la réaction de l’inénarrable Ouyahia. Deux jours après la « fetwa » de Haddad, il fait lui écho en versant trois larmes de crocodile sur l’injustice qui s’est abattue sur l’homme dont il dénonçait le bradage de la première richesse du pays.

On se souvient, en effet, que l’apparatchik, dont mes confrères d’Ameslay rappellent avec une gourmandise non dissimulée qu’il est quadruple premier ministre, fut un des tout premiers à avoir crié au crime économique quand Toufik avait décidé d’en finir avec Chakib Khellil.

Même consacré professionnel des voltefaces, cette posture doit beaucoup en couter à « l’homme des sales besognes », lui qui, campant le rôle de favorite officielle, ressasse matin et soir son allégeance sans faille au roi, répétant à l’envi « qu’il ne se présentera pas ( à la présidentielle de 2019 NDLR ) sans l’assentiment du président. »

Et brusquement une concubine de l’ombre s’apprête à se faire introniser.

La vie du sérail est bien cruelle.

Akli Rahmoune

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