« COUP D’ETAT » CONTRE MUGABE, INSOMNIE CHEZ BOUTEFLIKA

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Plusieurs organisations zimbabwéennes,  lâchant soudainement leur inamovible dictateur âgé de 94 ans et au pouvoir depuis trente sept ans, ont appelé à une marche pour ce samedi afin d’exiger sa démission. Alger, sœur jumelle de Hararé, en matière de mœurs politiques, retient son souffle.

Bouteflika et Mugabé ne sont pas seulement amis. A la couleur de la peau près, ils sont des clones. Les deux plus anciens dirigeants africains, vieux et malades, ont des conceptions du pouvoir parfaitement identiques. Se revendiquant d’une « légitimité révolutionnaire » mâtinée du socialisme de rapine, ils estiment normal et juste  de ne jamais quitter le trône  quand on l’a conquis. Autre notable similitude : la gestion familiale  des affaires de l’Etat où les poches des proches se confondent avec le trésor public. A ce sujet, les frasques de la régente Grace Mugabé, qui s’apprêtait à succéder à son mari plus âgé qu’elle de 41 ans, n’ont rien à envier aux coûteux scandales de la fratrie présidentielle d’Alger. Enfin, quand cela est nécessaire, c’est à dire souvent, les deux despotes n’hésitent pas à piétiner la loi et abuser de la force brutale.

Les deux compères ont littéralement provoqué les ruines morales et matérielles de leur pays respectifs. Certes, le Zimbabwé, qui n’a même plus de monnaie nationale, a un peu « d’avance » sur l’Algérie mais on peut compter sur la planche à billets d’Ouyahia pour précipiter la fonte du dinar algérien et rattraper le retard.

Cette gémellité explique que le scénario qui annonce la fin probable du clan du dictateur zimbabwéen provoque quelques insomnies à Alger qui a adjuré, dans un communiqué pathétique,  l’armée, à l’origine du coup d’Etat masqué de Hararé, de ne pas aller au bout de sa démarche.

Les diplomates algériens affectés à l’Union Africaine, végétant depuis des lustres dans  une mission se limitant au harcèlement des positions marocaines sur la question du Sahara occidental, sont brusquement tirés de leur sirupeuse léthargie pour être sommés de s’activer dans les coulisses afin de rappeler la flasque organisation continentale au respect de ses statuts censés rejeter et condamner les coups d’Etat.

Si quelques uns des Etats entretenus  à coups de mallettes de dollars consentent à invoquer ce généreux principe, le président ivoirien, Alassane Ouattara, vient de briser le tabou en demandant à Mugabé de démissionner.

Quand on connaît la nature des liens qui soudent Abidjan à Paris, cela revient à dire que la France a, sauf imprévu de dernière minute, déjà tourné la longue et ténébreuse page  Mugabé. Mauvais présage pour Bouteflika qui espère, s’il trouve d’ici là quelques forces, recevoir bientôt le président français Macron.

Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, la Chine, est restée muette face au risque de destitution de l’antique leader. C’était le dernier pays où l’épouse Mugabé pouvait encore se rendre pour s’adonner à son sport favori : d’exorbitants achats dans les boutiques de luxe pékinoises ; les pays occidentaux ayant interdit leur territoire à l’ambitieuse et dispendieuse première dame et son vieux conjoint.

Autre aspect qui rapproche encore davantage le Zimbabwe de l’Algérie, l’élimination de Mugabé risque, hélas, de rien régler quant aux causes profondes  du désastre qui a dévasté ce pays si riche. Le potentiel et probable remplaçant du tyran, surnommé le Crocodile, est, en effet, l’un des coresponsables de ce terrible bilan. En Algérie aussi des marionnettes  sont épisodiquement excitées pour exiger la destitution de Bouteflika sans jamais accepter de débattre des règles qui doivent conduire à la régularité et la transparence du processus devant permettre de sortir le pays d’un système de violence, d’opacité et de prédation.

Akli Rahmoune.

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