Loi de finances 2018 : Ouyahia mène l’Algérie droit vers le FMI

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L’audition de, pas moins, de onze (11) ministres par la commission des Finances de l’Assemblée Nationale n’a pas apporté d’informations nouvelles susceptibles d’entrevoir des pistes de réformes structurelles dans la politique du gouvernement Ouyahia. On se souvient que lors de l’examen du plan d’action du gouvernement, le premier ministre qui a présenté un tableau noir de la situation financière (impossibilité de payer les salaires du mois de novembre), il avait plaidé pour le recours à la planche à billet (amendement de la loi sur la monnaie et le crédit) en contrepartie, il engagerait, disait-il, dans les plus brefs délais(2018) des réformes structurelles pour, qu’à moyen terme (03 ans), financer les dépenses budgétaires avec la fiscalité ordinaire ( pétrolière incluse). Il s’agissait, notamment, d’une réforme fiscale, de celle de la structure de la subvention et du financement des caisses sociales (CNAS, CNR, CASNOS….). Ce « leurre » du « zéro déficit » en 2020 a été mécaniquement répété, aujourd’hui par le ministre des finances, Abderahmane Raouaya, devant les députés.
En effet, le projet de loi de finances qui inclut l’affirmation du retour à l’équilibre budgétaire pour le budget 2019-2020, se contente d’une stabilisation des dépenses de fonctionnement obtenue en grande partie grâce (ou à cause, c’est selon) du non-remplacement des départs en retraites (1/5), la reconduction automatique des subventions et « le comblage » du trou de la sécurité sociale par le recours au Trésor qui lui s’endette auprès de la Banque d’Algérie et qui ,elle même, recourt à la création artificielle de monnaie. Le budget de fonctionnement, relativement significatif dans le secteur de l’habitat ou les travaux publics ira en grande partie dans des réévaluations de projets comme la réalisation des VRD pour des logements finalisés !
En somme, en dehors d’une hypothétique augmentation des prix des hydrocarbures, rien de significatif ne peut venir à la rescousse de la faiblesse des recettes pour atténuer le recours à la planche à billet pour 2019. L’augmentation du volume des exportations en hydrocarbures étant exclu à la fois à cause du déclin des gisements et de l’explosion durable de la demande interne mais aussi des restrictions imposées dans le cadre du dernier accord dans l’OPEP. Ce scénario d’un recours abusif à la création de monnaie sans réformes sérieuses mène tout droit à l’inflation et à la rareté des ressources (l’assèchement progressif des réserves de change (moins de 100 milliards de dollars actuellement) conduira à l’impossibilité d’importer les intrants nécessaires à l’économie) ; c’est la voie vers le défaut de paiement. Ce sera au mieux un plan d’ajustement sous le contrôle du FMI. On sera alors probablement dans l’après élection présidentielle de 2019.
Une remarque tout de même, en politique les rythmes et les délais sont difficiles à évaluer, encore moins, à prévoir. C’est d’autant plus problématique dans une situation interne délétère et un environnement mondial incertain.

Rabah Said

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