Projet de loi de finances 2018 et Tamazight: Emeutes à Bouira et marches à Bejaia et Tizi Ouzou

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Affrontements, interpellations et saccage de l’université à Bouira… La manifestation contre le rejet à l’Assemblée populaire nationale (APN) d’un amendement sur la généralisation de l’enseignement de Tamazight se transforme en émeutes dans la wilaya de Bouira. Tout a commencé, selon des témoins oculaires contactés par nos soins, lorsque les étudiants de l’université Akli Mohand Oulhadj, ont voulu entamer, ce matin, une marche pacifique vers le siège de la wilaya.

Banderoles et drapeau amazigh à la main, plusieurs dizaines d’étudiants se sont rassemblés dès les premières heures de la matinée à l’intérieur de leurs établissements. « Vers 10h30, la foule tente de quitter le campus pour entamer une marche vers la wilaya. Mais des policiers, mobilisés massivement les ont empêché de sortir en fermant le portail de l’université », explique notre source.

La situation a vite dégénéré. « Alors que les manifestants ont tenté de forcer le portail, les policiers ont commencé à les arroser de pierres. Les étudiants ripostent et cela a donné suite à une violente émeute qui s’est soldée par plusieurs arrestations et de nombreux blessés», ajoute la même source.

Au moment où nous mettons en ligne, la situation reste tendue au sein de l’université. Dans la journée de dimanche dernier, des élèves de plusieurs lycées dans la daïra de M’Chedallah (est de Bouira) ont aussi organisé des marches contre « le rejet de la promotion de la langue amazigh ».

Marche pacifique à Bejaia et à Tizi Ouzou

En revanche, à Bejaia et à Tizi Ouzou, la manifestation s’est déroulée dans le calme. Des milliers de personnes ont marché dans les deux villes pour exiger le respect de la Constitution qui a consacré Tamazight comme langue nationale et officielle.

Cette polémique a été enclenché par le rejet, par les députés de la majorité FLN-RND d’un amendement de la loi de finance 2018 introduit par le député du parti des travailleurs, Nadia Chouitem. Amplifiée sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, la polémique donne suite à un mouvement de contestation qui risque de s’inscrire dans la durée.

Pour le moment, c’est le secrétaire général du Haut-commissariat à l’Amazighité (HCA), Si El Hachemi Assad qui monte au créneau pour tenter de désamorcer « la crise». Ce dernier multiplie les sorties médiatiques pour expliquer que l’enseignement de Tamazight est effectif dans 37 wilayas. « En 2018, l’enseignement de Tamazight connaitra une généralisation graduelle en concertation avec le secteur concerné qui est l’éducation nationale », affirme-t-il.

Massinissa Ikhlef

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