La défaite sans combat d’Ahmed Ouyahia

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Il n’a pas fallu de beaucoup pour que le premier ministre lève le drapeau blanc pour déclarer qu’il ne sera pas candidat à l’élection présidentielle de 2019. Une convocation d’une tripartite parallèle par le vieil Ould Abbas, quelques pics de Chakib Khellil pour lui signifier son incompétence et lui rappeler que « ses trophées de guerre » se réduisent à l’emprisonnement de cadres dirigeants des entreprises et l’application d’un plan d’ajustement sous la seule dictée du FMI dans les années 90. La fameuse lettre de Bouteflika (vraie ou fausse) à fait le reste. Libéré de cette mission, Ouyahia retrouve de la voix pour tirer…sans risques sur tout le monde.

«Sir ya naker lahssan» (continue ton chemin ingrat !) avait-il tonné en l’endroit de Chakib Kellil mais le citoyen Kellil sait mieux que quiconque qu’Ahmed Ouyahia a été missionné par qui de droit pour lui déclaré son soutien. Si l’enfant de Bouadnane était un homme libre il aurait tout fait pour éliminer un potentiel adversaire bien plus dans les grâces du Rais que lui, le kabyle de service.

Pour le reste, Ouyahia n’est qu’un ministre parmi les autres même s’il porte le titre de premier d’entre-deux. De ses aveux, l’administration lui échappe puisque le ministère de l’intérieur a « trafiqué » les locales du 23 novembre contre son parti, l’énergie et le développement des énergies renouvelables se sont autonomisés, en plus des départements de Tayeb Louh,Youcef Yousfi, Benmeradi, les feuilles de routes dans l’éducation nationale et l’enseignement supérieur sont largement antérieures à son parachutage dans le gouvernement.

Ceux qui s’échinent à voir dans les insultes d’Ouyahia à l’endroit des segments les plus faibles comme les médecins résidents, les retraités de l’ANP et tous ceux que « des cercles occultes font bouger » pour reprendre ses propos, comme des mises au point se trompent ou trompent l’opinion.

Dernière remarque : l’artillerie lourde sortie contre le Maroc peut paraitre décalée mais en proposant que la peine de mort soit appliquée contre les narcotrafiquants on peut supposer qu’il veut gêner des membres influents et potentiellement présidentiables, y compris de son gouvernement. Une sorte de « on va tous mourir ensemble ». A voir la scène nationale réduite à des seconds couteaux, l’idée du 5ème mandat peut séduire d’aucuns, à moins d’une initiative qui sortirait de l’extérieur de cette mayonnaise.

Rabah Said

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :