Exécutif Ouyahia. Panique à bord !

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Parlant des lobbies qui se sucrent dans l’importation Mohammed Benmaradi, le ministre du commerce dira « Aujourd’hui, on passe par un système bancaire avec un taux de change qui ne reflète pas toujours sa véritable valeur. Le dinar est probablement surcoté sur la place officielle. Son véritable niveau est probablement plus proche de celui du marché parallèle. Donc aujourd’hui l’Etat est en train de subventionner indirectement des importations et là il faut que nous agissions ». Il faut entendre par « l’Etat qui subventionne les importations », le fait que le trésor public met directement de l’argent dans la poche des importateurs.

Pour ne rien arranger, l’euro qui n’a pas cessé de grimper sur les places internationales depuis une année est couplé à une baisse continue du dollar. On sait que notre pétrole est libellé en dollars ce qui fait qu’une partie importante des maigres gains engrangés par le remontée des cours des hydrocarbures est annihilée par cette faiblesse de la monnaie américaine. Mais ce n’est pas tout : plus de la moitié de nos importations est, par contre, libellée en euros. Résultat des courses : les simples opérations comptables nous font perdre les quelques gains financiers que peuvent nous faire gagner les mesures administrations du gouvernement.

Ainsi, ceux qui se sont dit séduits par les exercices de « sorcelleries économiques » étalés par le premier ministre devant l’Assemblée pour présenter le recours à la planche à billets comme la solution idoine pour relancer l’économie et garantir les équilibres sociaux n’affichent plus le même entrain. Le pays risque, à la fois, de payer le prix de la création de monnaie ex nihilo mais aussi le cout d’une dévaluation ; une situation qui risque effectivement d’arriver à une inflation à deux chiffres plutôt que prévue.

Dans ce dessert d’incertitudes, ce n’est pas les déclarations du ministre du tourisme, Hassan Mermouri qui annonce « Nous avons la ferme volonté de mettre fin aux importations qui mettent à rude épreuve la production nationale, notamment les équipements de l’hôtellerie, de la restauration et des collectivités », ou celles du ministre de l’agriculture, du Développement rural et de la Pêche, M. Bouazghi, qui a déclaré hier, à partir de la wilaya d’Oum El-Bouaghi, que « l’Algérie, d’ici à une année ou deux au maximum, n’importera plus d’ail » qui pèseront lourds dans la balance. Elles confirment simplement que dans cet exécutif la mode est au « solo ».
L’ébullition, sans précédant du front social : médecins résidents, enseignants, retraités de l’ANP, étudiants des ENS font sans doute échos à l’aggravation des conditions de vie et de travail et, à l’arrogance des pouvoirs publics dont les responsables décrivent un pays où « il fait bon vivre » au mépris des difficultés vécues par les larges couches de la population.
Est-ce tout ? Les appels à peine voilés au limogeage du gouvernement Ouyahia de la part des soutiens traditionnels de Bouteflika, après le forcing du FLN, à l’mage de Louisa Hanoune qui redouble d’ardeur, suggérant au Chef de l’Etat l’urgence de désigner Ouyahia comme le responsable principal du pourrissement. Une manière de tenter de regagner du temps.
C’est une voie risquée devant l’aggravation de la situation financière et le cumul de revendications sociales difficiles à satisfaire sans provoquer un effet boule de neige dans le gel des salaires et des pensions. En somme, la porte ouverte vers l’inconnue à une année de la présidentielle. Il est fort à parier que l’appareil de répression dans lequel Bouteflika a investi lourdement depuis son arrivée au pouvoir sera mis à rude épreuve. Suffira t-il pour mener à bon port son promoteur?

Rabah Said

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