Présidence-Ouyahia : Le divorce ?

La présidence de la république exige le passage par le chef de l'Etat avant toute ouverture du capital d'une entreprise publique.

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Les jours du premier ministre, Ahmed Ouyahia, à la tête du gouvernement sont-ils définitivement comptés ? Tout, porte à le croire. Après de folles rumeurs évoquant son éminent limogeage, les premiers signes apparaissent. Jeudi dernier, le premier responsable du gouvernement a reçu une instruction qui est, le moins que l’on puisse dire, saugrenue.

Signé par le secrétaire général de la présidence, le document lui intime l’ordre de passer par le chef de l’Etat avant de prendre toute décision concernant l’ouverture du capital des entreprises publiques.

«Dans le cadre des projets de partenariat public/privé, nonobstant les dispositions de l’ordonnance n° 01-04 du 20 aout 2001, relative à l’organisation, la gestion et la privatisation des entreprises publiques économiques, modifiée et complétée, notamment ses articles 20, 21, et 22, j’ai l’honneur de vous faire part de l’instruction présidentielle qui subordonne désormais tout projet d’ouverture de capital ou de cession d’actifs de l’entreprise publique économique à l’accord, préalable, de monsieur le président de la république », lit-on dans le document en question.

La présidence précise aussi que « la décision finale conclue reste également de la seule prérogative décisionnelle de Monsieur le Président de la république ». Il est clair, à travers ce document, que le premier ministre est le plus visé par cette décision. Et pour cause, l’ordonnance n°01-04 citée donne toute la latitude au Conseil des participations de l’Etat, présidé par le premier ministre, de trancher toutes les questions liées à la privatisation des entreprises.

Ce texte, toujours en vigueur, ne fait aucune référence à une consultation obligatoire du chef de l’Etat concernant les privatisations des entreprises. Quelle signification donner alors au geste de la présidence qui n’a pas choisi les médias officiel pour rendre publique cette instruction ? La préparation du rendez-vous présidentiel de 2019 est sans doute à l’origine de cette manœuvre.

L’objectif visé est de barrer la route d’El Mouradia devant Ahmed Ouyahia en le montrant d’abord comme celui qui « veut brader ce qui reste encore du tissue industriel public ». Le message que l’on veut passer consiste, en effet, à dire que « n’était le chef de l’Etat et le FLN, les entreprises publiques seraient vendues »…

Massinissa Ikhlef 

 

 

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