Argent de l’informel : les banques ne demanderont pas l’origine des fonds déposés  

Une fois cette instruction promulguée, le client ne sera plus questionné sur l’origine des fonds qu’il souhaite déposer ou retirer.

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Décidemment tous les moyens sont bons pour tenter de bancariser l’argent de l’informel. Après avoir testé la solution de l’emprunt obligataire national qui n’a eu que de maigres résultats, la Banque d’Algérie (BA) s’apprête à expérimenter une autre formule. Celle-ci concerne la révision de la mesure concernant l’identification de l’origine des fonds déposés auprès des banques.

Répondant, aujourd’hui aux préoccupations des députés à l’issue du débat général sur le rapport sur les évolutions financières et monétaires en 2016, le gouverneur de la banque d’Algérie, Mohamed Loukal, annonce une nouvelle instruction aux banque. Cette dernière, dit-il, s’inscrivait dans le cadre du renforcement de l’efficacité de la loi en vigueur relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et qui a connu une application restreinte ».

En quoi consiste cette mesure ? Selon lui, l’instruction permettra d’identifier le client et l’origine des fonds 48 heures après le dépôt, et ce à travers « un guichet des renseignements financiers ». Une fois ce délai (48 heures) est passé, les fonds pourront circuler dans le réseau bancaire.

Ainsi, selon le gouverneur de la banque d’Algérie, les clients ne seront plus questionnés sur l’origine des fonds déposés. « Une fois cette instruction promulguée, le client ne sera plus questionné sur l’origine des fonds qu’il souhaite déposer ou retirer. La procédure sera effectuée par des organes spécialisés », précise le premier responsable de la banque d’Algérie.

Selon lui, les agents des guichets concernés par le dépôt des fonds suivront une formation spéciale leur permettant de mettre en œuvre les dispositions de cette instruction. Est-il possible ainsi de lutter efficacement contre le blanchiment d’argent et la corruption ?

La réglementation actuelle, rappelons-le, les clients qui se présentent aux banques pour y déposer de l’argent sont soumis à un questionnaire sur l’origine des fonds et leurs canaux d’utilisation lors du retrait. Pour justifier cette mesure, Mohamed Loukal affirme que « la banque d’Algérie » a été destinataire de plusieurs plaintes de citoyens à ce sujet.

Le but de cette mesure est, sans doute, de tenter de convaincre les détenteurs des fonds non thésaurisés à les déposer auprès des banques. Dans son rapport, la banque d’Algérie fait état de l’existence de 2500 milliards DA à 3000 milliards de DA qui circule dans le marché parallèle.

Massinissa Ikhlef

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