« Il y a eu falsification du Roman « Le fils du pauvre » de Mouloud Feraoun »

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C’est la conclusion à laquelle est arrivée une écrivaine japonaise, Etsuko, Aoyagi, doyenne de la faculté de littérature comparée de l’université de Tokyo,  après une étude comparative entre l’édition du « seul » de 1954 et celles plus récentes de l’ENAG et de Casbah Editions.

Cela a été révélé hier 20 février à la maison de la culture Ali Zamoum de la ville de Bouira, à l’occasion de la commémoration de la journée du Chahid. En effet, invité dans le cadre des hommages rendus un peu partout au niveau national aux martyrs de la révolution, Ali Feraoun, fils de Mouloud Feraoun, a dévoilé devant le public venu l’écouter, que les éditions du Seuil, chez qui feu son père a édité un certain nombre de ses œuvres, dont son premier « le fils du pauvre », a supprimé 03 chapitres et remplacé 150 mots « pour le rendre plus gentil » selon les propres mots du conférencier.

Se basant sur les études d’une écrivaine japonaise, Ali Feraoun a déclaré que la cinquantaine de mots remplacés par d’autres plus doux vis-à-vis du colonialisme, sont en fait, une condamnation sans équivoque de la France coloniale et de tout ce qu’elle a commis en Algérie comme massacres et crimes. Abordant dans le même sens et en parlant des relations de l’auteur avec deux de ses meilleurs amis français de souche, c’est-à-dire Albert Camus et Emmanuel Roblès, Ali Feraoun dira que son père n’arrêtait pas de demander, notamment à l’auteur de l’étranger (Albert Camus) de « dire ou de faire quelque chose » devant la violence et les dépassements commis par l’armée française. A chaque fois, Albert Camus lui répondait par ses phrases « chez nous, quand deux frères se battent, c’est péché de prendre parti pour l’un ou l‘autre » ou bien « ça me gênerait de revenir dans mon pays avec un passeport. » « Cela voulait dire tout simplement que l’auteur de la peste était contre l’indépendance de l’Algérie » conclue le fils de Mouloud Feraoun. Mais mon père lui rétorquait « et moi que vous dites être Français, pourquoi suis-je obligé d’avoir un passeport pour aller à Paris. »

Par ailleurs, durant ces hommages rendus à un certain nombre de martyrs, dont les frères Ferradj et le colonel Ali Mellah, certaines personnes, qui ne le savaient pas et étaient étonnés de l’apprendre, ont découvert que Mouloud Feraoun avait collaboré avec le colonel Mohammedi Saïd dit « Si Nacer », à l’époque chef de la wilaya III. Il a été l’auteur de plusieurs ouvrages relatant la guerre et la misère vécue par les Algériens durant la révolution libératrice. Son best-seller, « le fils du pauvre » autobiographique, est  traduit dans de nombreuses langues de par le monde dont l’allemand, le japonais… la citoyenne japonaise, qui a traduit son premier roman, sera à Alger le 02 mai prochain.

                                                                           Slimane Chabane

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