La femme confinée dans « le traditionnel »

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Gâteaux traditionnels, robes traditionnelles, une tradition de cadeau et de réception en plus du gala traditionne, la journée internationale de la femme du 08 Mars 2018, n’a pas tellement dérogé à la tradition des autres années.

Une journée, pardon une demi journée,  beaucoup plus pour se défouler, se libérer de son travail ou des tâches ménagères, c’est selon, le temps d’un après midi. Les Rues des villes se sont remplies et les réceptions se sont multipliées pour la joie et le bonheur des plus jeunes notamment. Toutefois, les salles de conférences sont restées désespérément vides, là où la femme pouvait donner son avis, poser ses problèmes et débattre de sa situation sociale, économique, politique.

Avec très peu de monde, malheureusement, à l’issue de certaines communications, nous avons vécu des situations où l’adversaire de l’émancipation de la femme était  la femme elle-même. Au cours d’une des conférences donnée à Bouira, une intervenante pendant les débats, déclarera que « sans l’abrogation du code de la famille, par ailleurs anticonstitutionnel, la situation de la femme ne peut évoluer. » C’est du fond de la salle qu’une autre femme, voilée, celle là, lui répondra «le code de la famille inspirée de notre religion nous va très bien, nous avons nos droits et même en héritage. » Il est vrai qu’en islam, la femme a droit à la moitié de la part de l’homme. Dans le même ordre d’idées, On se rappelle que lors d’une rencontre à l’Aurassi, une femme favorable à la polygamie avait déclaré « et si je voulais prendre tel plat au déjeuner et une salade le soir, pourquoi veut-on m’en empêcher ? »

Cela fait maintenant presque quatre décennies que le code de la famille, (de l’infamie) disent les femmes favorables à son abrogation, a été adopté. Et les femmes n’ont cessé de lutter contre les inégalités qui y sont contenues et revendiquent des lois civiles égalitaires conformes à l’égalité des citoyens tel que stipulé dans la constitution. Les dernières réformes qui ont touché le dit-code et qui sont encore une fois inspirées de la charia notamment en matière de droit au divorce de la femme, appelée le kholaa, a eu pour effet de faire grimper vertigineusement le nombre de divorces jusqu’à atteindre 160 000 pour la seule année de 2017.

Ces femmes, ennemies de leur émancipation et adversaires de leurs propres concitoyennes oublient ou ignorent qu’il y a un ordre historique dans le sens duquel toute l’humanité marche et qu’on ne peut arrêter, ni empêcher de survenir, ni freiner, on peut juste le ralentir pour un certain temps. C’est parce que la mondialisation n’est pas seulement économique, elle concerne également les droits de l’Homme, les libertés fondamentales, individuelles et collectives qu’il serait vain de chercher à aller à l’encontre de l’évolution du monde, des individus et des sociétés. Nous ne ferons pas exception parce que c’est nous, parce que c’est l’Algérie.                                                                                                                                              Slimane Chabane

 

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