L’université de Bouira commémore le 19 Mars, fête de la victoire Suite

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

Témoignage d’Ali Djoumad ;  chef de la zone IV, chargé des Habous et ancien juge.

Nous avons ramené des armes de Tunisie avec l’adjudant Si Amar, Hiddouche, un sergent-chef appelé Moustache et Abderrahmane Bensalem. Ce dernier a été brulé, électrocuté lorsqu’on a traversé la ligne Challe. 02 compagnies sont passées, l’une a ramené des armes pour la wilaya II au niveau de souk Ahras. Nous nous sommes retrouvées nez à nez avec l’armée française.  Nous avons retrouvé la trace de Attailia mais nous ne l’avons pas rencontré. Le 19 Mars, c’était la victoire de la volonté populaire. Pour moi, ce n’était pas une victoire militaire d’une armée sur une autre. Le capitaine Gaston a rejoint l’OAS, il était à Tikjda, s’est laissé pousser la barbe. Au moment où nous allions le capturer, la France l’a sauvé. L’armée des frontières est entrée à Alger ; la France était toujours là, allons-nous nous battre entre frères ?   

Témoignage de Salah Ouzrourou , responsable des transmissions.

On était sous la responsabilité et aux ordres de nos chefs hiérarchiques. Pour barrer la route  à l’OAS, nous avons établi un barrage à au niveau de Si Mestafa. Il y avait un exécutif provisoire à rocher noir (Boumerdes). Il avait à sa disposition la force locale. Etaient venus le groupe de Tizi Ouzou puis celui de Tlemcen. Il y a eu un meeting à Boghni, Mohand Oulhadj et Krim Belkacem ont pris la parole. Il y avait le problème des harkis, les gens voulaient se venger, une directive de la wilaya III nous avait commandé de les rassembler. Nous les avons ramenés au camp maréchal. Certains harkis ont été tués à l’intérieur de la caserne. Nous sommes partis à la caserne de Draa El Mizan, j’ai dirigé le groupe avec le grade d’aspirant, un peloton de l’armée française nous avait accueillis avec un piquet d’honneur alors qu’ils nous traitaient auparavant de «terroristes, fellaghas et fellous.»Alors que nous faisions campagne pour le référendum pour l’indépendance, nous touchions 100 douros, les français avaient des millions. L’armée des frontières est entrée par effraction, il y a eu des morts de part et d’autres.  Ait Ahmed se retire de la constituante, nous avons rejoint le maquis pour combattre des algériens après avoir combattu des français. Puis est venue l’invasion marocaine, l’appel de Ben Bella. Ait Ahmed ne voulait pas partir, répondre à l’appel de ben Bella, Mohand Oulhadj est parti.

Témoignage de Louahab Mohamed Chef de compagnie (bataillon du Djurdjura)

Je vais commencer par citer, quelques vers d’un grand chanteur : « inqer-d yitij,   inqer-d ghef medden irkelli Kul wa amek yufa lbenna-s, wa am skur wa am ilili »

Traduit « Le soleil s’est levé pour tout le monde, pour les uns, il avait bon gout, pour les autres, il, était amer.»                                                                              En  1962, joie et tristesse étaient mêlées. La France avait préparé un clan, l’OAS s’est mise à tuer des Algériens. Nous n’avons jamais reculé devant l’ennemi, quand on n’avait plus de munitions, on se battait avec les crosses de nos fusils. Du 06 au 12 janvier 1962, nous avons menée une bataille à At Yahia Moussa (Oued Ksari), nous avons accroché une compagnie commandée par le capitaine Graziani qui a été tué au cours de cette bataille. Le président Chirac en a parlé, lui-même était officier en Algérie. Le lieutenant Chassies avait aussi perdu la vie au cours de cette opération.

Témoignage de Ait Ahmed Ouali  Moudjahed  

Je rends hommage à tous les hommes et à toutes les femmes qui ont combattu pour l’indépendance. Nous n’avons pas arrosé nos arbres. Nous aimons détruire nos points de référence, nos symboles, nos repères. Il faut arroser nos arbres. La génération de novembre n’est pas spontanée, elle a hérité et a été formée par l’ENA, PPA/MTLD, l’OS. La France n’est pas rentrée en Algérie le  05 juillet 1830. Le  14 juin, 45 300 soldat français ont débarqué à Sidi Fredj. Le 05 juillet, c’était la reddition du Dey Hussein qui avait négocié son départ d’Alger sur le bateau « Jeanne d’Arc » en direction de Naples. S’en sont suivis 105 insurrections mais en l’absence d’unité entre les régions, l’armée française les a toutes battues. En 1962, on nous a sorti, «un seul héros, le peuple», on a banalisé les élites et le combat des dirigeants. Les élites intellectuelles sont des points de repère qu’il faut chercher à atteindre, voire les dépasser. On abat les géants au lieu de monter sur leurs épaules pour voir plus loin. Le19 Mars 1962, c’était le Dien bien Phu politique de la France.  Au Vietnam, c’était militaire, ici, chez nous c’était politique. 99 % des Algériens sont amazighs, l’identité, c’est le cordon ombilical qui nous rattache à notre terre. Notre révolution n’était une guerre de religion, c’était une guerre de libération nationale. La France a utilisé la ruse, elle a dit «déposez les armes, après on va négocier » nous avons dit « d’abord les négociations après le cessez-le-feu. » on a essayé aussi la deuxième voie ; le 30 Mars 1961, Louis Joxe déclare à partir d’Oran « le FLN n’est pas le seul interlocuteur » le GPRA proteste et appelle à des manifestations. On a aussi essayé d’associer le MNA aux négociations. Ferhat Abbas appelle à une grève générale. On a voulu séparer le Sahara du nord, on s’est retiré des négociations. Une fois les accords d’Evian signés, le cessez-le-feu était pour le 19 Mars à Midi et non à minuit. Le même jour, à Midi moins 05 minutes, huit bombardiers ont lancé leurs bombes sur le PC de la wilaya III. 15 000 éléments constituant la force locale était à la disposition de l’exécutif provisoire installé à Rocher Noir et chargé de gérer la période de transition. 

Nous nous réunissions une fois par semaine avec des officiers français pour régler des différents qui survenaient entre les deux armées. L’OAS s’est mis à assassiner des algériens, elle a même plastiqué les réseaux d’assainissement d’Alger. Contacté, Ben Bella a demandé de voir avec Tunis (le GPRA). Krim Belkacem a demandé l’application des Accords d’Evian pour que le référendum puisse se tenir. Le  « Oui » l’a largement emporté. Une infime minorité a voté contre l’indépendance. Simultanément, de Paris, Benyoucef Benkhedda annonce l’indépendance, De Gaulle la reconnait.

 

                                                                                           Rapporté par Slimane

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :