Bouira, deux postes pour l’enseignement de la langue amazighe ???

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On croirait à un poisson d’avril n’était-ce cette inscription officielle d’un concours en vue du recrutement de « deux enseignants ???» pour l’apprentissage de tamazight dans la wilaya de Bouira à partir de septembre prochain. Ce concours qui aura lieu cet été, d’après  la DE (Direction de l’Education) de la dite wilaya, concernera tous les postulants à l’enseignement de la langue amazighe ; licenciés, masters… et Dieu sait combien ils sont nombreux.

Alors que l’université algérienne, dont celle de Bouira, forme plusieurs centaines d’enseignants chaque année, la création des postes budgétaires ne suit pas la proportion des universitaires diplômés en tamazight. Au lieu d’appliquer « le coefficient de réparation historique » au vu du retard pris dans ce domaine, et aller ainsi vers la réhabilitation de l’amazighité  dans toutes ses dimensions comme il est décrété dans les différents textes de la législation nationale dont la loi fondamentale, le pouvoir politique fait tout pour retarder cette noble mission de réhabilitation.

L’enseignement de la langue amazighe peine à se généraliser dans tous les paliers et les établissements scolaires de la wilaya de Bouira comme c’est le cas dans d’autres wilayas. Le nombre de postes budgétaires dégagé chaque année scolaire nous renseigne sur la volonté politique des dirigeants de se réapproprier notre identité et notre langue alors que des milliers d’universitaires chôment. Un immobilisme et un laxisme qui ne dit pas son nom quant à une réelle prise en charge par les pouvoirs publics de la généralisation et de la promotion de tamazight chantée pourtant sur tous les toits mais sans résultats positifs.

Cette situation a fait réagir le comité de suivi pour la promotion de tamazight qui a condamné sans équivoque «la légèreté avec laquelle la direction de l’éducation de la wilaya a pris le dossier relatif aux postes budgétaires censés être réservés pour tamazight, surtout dans les deux paliers du primaire et du collège pour la wilaya de Bouira».

Dans un communiqué rendu public hier, les animateurs du comité en question ont estimé que les responsables du secteur veulent «pousser les choses au pourrissement» si non  «Comment expliquer les deux postes budgétaires qu’ils viennent d’inscrire au titre du concours des enseignants prévu pour cet été pour la wilaya de Bouira. »

Pour les défenseurs de la langue amazighe, « la wilaya de Bouira est une région très sensible et que, si engagement pour la généralisation progressive de l’enseignement de cette langue il y a, » comme l’avait déclaré la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghabrit en personne, surtout pour le primaire et à partir de l’année scolaire 2018/2019, « c’est incontestablement à partir de cette wilaya. »

«Pour réparer cette injustice et libérer immédiatement des postes pour l’enseignement de tamazight afin que dans toutes les écoles primaires et les collèges de la wilaya au niveau des 45 communes, il soit dispensé un enseignement de notre langue,» les militants et les enseignants de la langue de Jugurtha n’excluent pas de recourir à « des actions de rue » afin d’arracher le droit aux enfants d’apprendre leur langue maternelle.

                                                                                                 Slimane Chabane

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