Entre Châabane et Ramadhan voici Djâafar

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Djâafar dit Serssoubi est un personnage unique en son genre. A El Mouradia, il est plus célèbre que son voisin Bouteflika. Son mois préféré de l’année est le mois de Ramadan ; non pas qu’il adore la diète et le jeûne, de toute façon, il est presqu’à jeûne tout au long de l’année tellement il est démuni, non, selon lui c’est le mois où l’Algérien se montre dans toute son hypocrisie, sa cupidité, sa rapacité. Selon lui, c’est le mois durant lequel l’Algérien croit le moins en Dieu. C’est l’occasion durant laquelle le commerçant triche sur le poids et le prix, les ministres mentent par des promesses qu’ils ne peuvent et ne veulent pas tenir, l’Administration prête à exiger des coussins à leurs supérieurs, les éboueurs prêts à vider leurs camions plutôt que de les remplir car dégoûtés par tant d’immondices luxuriantes.
En bref, tout le monde trouve son compte durant ce mois qui ne dit pas sa réalité : chômé, payé et dépensier. Sans oublier que ces trente journées seront ornées de « spectacles de rue », pour ne pas dire théâtre car ce serait faire trop d’honneur à ces acteurs stupides dans leur costume cravate qui descendent en tornade de leur véhicule pour infliger une raclée à un autre automobiliste. N’importe lequel.
A ce sujet nous ne terminerons pas sans cette anecdote savoureuse : Le fameux Serssoubi me supplie de l’emmener faire un tour en voiture avant el maghreb « juste pour tuer le temps et voir vivre les Algériens (el khaoua) » me dit-il.
A peine avons-nous quitté La Redoute pour l’autoroute, qu’on assiste de loin à une bagarre entre automobilistes. Mon passager me prie de m’approcher. Arrivés au niveau de la scène, on entend des insultes innommables et des « Chadni ! Chadni ! ouala naqatlou (retiens moi sinon je le tue) ». C’est alors que Serssoubi pique un fou rire impossible à arrêter. L’un des bagarreurs, se dirige vers notre véhicule et demande à Serssoubi pourquoi il riait. Mon ami ne répond pas mais continue de s’esclaffer. L’autre ne tenant plus se rapproche et crie comme un démon : « Rak tad’hak hein ! rak tad’hak ! Bla Rabi ma rak sayem ! ». Traduction : (tu ris donc tu ne fais pas carême). Dans la tête de ces gens là, donc le Ramadan est fait pour être triste, pour se bagarrer et ne jamais rire ou être tout simplement « normal ».
M. Kassi

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