Fréha (Tizi Ouzou) : Un ramadan au gout de lacrymogènes

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C’est la deuxième fois en l’espace de trois mois, que le maire de Fréha, appartenant au RND du premier ministre Ahmed Ouyahia, fait appel à la police et l’utilisation de la force publique contre les citoyens de sa commune, précisément les habitants du village d’Ajarar.

Après sa dernière tentative en début février, où le premier magistrat de la commune de Fréha (daïra d’Azazga, à 31 km à l’est de Tizi Ouzou) avait fait appel à l’escadron de la gendarmerie nationale pour tenter d’installer le projet de 882 logements sur un terrain du village d’Ajarar, le voici encore refaire son coup, en ce jeudi du ramadan chaud.

Selon un membre du comité du village Ajarar, joint par téléphone, une réunion des habitants s’est tenue dans la soirée du mardi 22, où il a été décidé à l’unanimité de procéder à la fermeture du siège de la mairie de Fréha, pour ce jeudi matin, suite aux intimidations du maire qui a déposé plainte contre trois membres de ce comité composé de quinze membres. Cette plainte a été déposée par le maire RND de Fréha contre ces trois membres « jugés activistes perturbateurs », suite à une décision prise en concertation avec les habitants du village Tala-Tgana, lors d’une assemblée générale et appuyés par une pétition, pour dégager une parcelle de terrain qui servira comme cimetière pour le village Ajarar.

Chose décidée, chose faite : Les citoyens des deux villages Ajarar et de Tala-Tgana, soutenus par les villages limitrophes, à savoir Tagarsift et Ait Bouali, ont procédé à la fermeture de la mairie de Fréha, aux environs de 9 h 30 pour protester contre l’implantation de ce projet dans leur village, sans aucune consultation ni enquête commodo-incommodo, mais aussi pour
soutenir les rois membres du comité de village estés en justice par le président d’APC.

Cette action a fait vite réagir le premier magistrat de la commune, qui était à l’intérieur de son bureau, a vite fait appel aux éléments des CRS, venus à son secours. Arrivés sur place, les éléments de CRS anti-émeute n’ont pas hésité à utiliser des tirs lacrymogènes pour disperser les protestataires, restés à leurs places devant le portail et l’entrée du siège de la mairie. Si aucun blessé n’a été enregistré, il est à signaler que la ville de Fréha, notamment le carrefour dit « 4 chemins » a été fermée et les commerçants ont baissé rideaux au moment des voitures de police sillonnent les artères.

Pour rappel, au lendemain de l’opposition de ces citoyens à ce projet, plusieurs responsables du bureau de wilaya du RND, dont surtout Azouaou Belgacem (ancien député) et l’actuel responsable du RND Tizi Ouzou, Tayeb Mokadem, ont multiplié leurs visites à la rencontre de leurs élus et proches, dans l’espoir de trouver un moyen d’atteindre cet objectif. Dans une vidéo postée fin mars sur la page Facebook RND Fréha, l’ancien député Azouaou Belgacem, lors d’une rencontre avec les militants RND de cette commune, a même tenu des propos menaçants à l’encontre de ces opposants en allant jusqu’à dire « Nous allons réalisé ces logements, et nous allons utiliser tous les moyens possibles, nous allons anéantir ces opposants. Soyez surs, car vous avez le soutien du RND Tizi Ouzou et même le soutien du RND national ».

Ces propos, ont été réitérés par les deux vices présidents d’APW, d’obédience RND et FLN, lors de la session ordinaire de l’Assemblée tenue en mars passé.

A. T

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