Iran, tirs croisés diplomatiques sur la république islamique  

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l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015, entre le conseil de Sécurité de l’ONU, l’Allemagne et l’Europe n’en finit pas de faire couler de l’encre et de provoquer des crises au niveau de nombreux pays dans le monde. Déjà au cours de sa campagne électorale pour les présidentielles américaines, Donald Trump avait fait la promesse de retirer son pays de cet accord qu’il «trouvait le plus mauvais accord jamais signé » par les Etats Unis : « la plus grande erreur a consisté pour l’administration Obama à s’engager dans cet accord » ne cessait de répéter Trump.

Le Président américain s’est fixé un délai jusqu’au 12 mai pour prendre une décision définitive de retrait de cet accord qui, selon les Européens, qui y tiennent absolument, devra empêcher l’Iran de développer l’arme nucléaire. Si ce retrait est confirmé le samedi prochain par Donald Trump, les sanctions contre l’Iran, qui ont été levées après l’accord de 2015 seront rétablies, promet les président américain. Le déplacement du Président français, Emmanuel Macron, il y a une semaine, dans une visite d’Etat aux States, n’a pas pu dissuader l’Américain de revenir sur sa décision.

De son côté, la chancelière allemande, Angela Merkel  a déclaré à plusieurs reprises  que son pays tenait à cet accord qui permet aux inspecteurs de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) de surveiller et de fouiller les installations nucléaires iraniennes.

Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson, avait, deux semaines plus tôt, plaidé une dernière fois en faveur de l’accord nucléaire iranien, le 07 et le 08 mai à Washington. Le chef de la diplomatie du Royaume-Uni devait s’entretenir avec Mike Pence ; le vice-président américain, John Bolton ; le conseiller à la sécurité nationale ainsi qu’avec des élus du Congrès.

Au niveau même de son parti, le Républicain, Donald Trump a trouvé des adversaires qui ne cachent pas leur opposition au retrait des Etats Unis de l’accord de 2015.  Au niveau du congrès également, l’opposition à cette option est claire et affichée. De nombreuses personnalités qui ont négocié l’accord se déclarent particulièrement contre le projet de retrait  du président américain.

Pour l’Iran, qui menace aussi de se retirer de l’accord sur son nucléaire si les Etats Unis le font, « il n’est pas question de négocier un autre accord.» Les responsables iraniens multiplient les sorties médiatiques où ils annoncent entre autres qu’ils tiennent à cet accord. « Si les Etats-Unis quittent l’accord nucléaire, vous verrez bientôt qu’ils le regretteront comme jamais dans l’Histoire », a prévenu le président iranien Hassan Rohani lors d’un discours retransmis à la télévision publique, lundi passé.

« La  sortie des Etats-Unis de cet accord les placerait en porte-à-faux avec leurs alliés européens et sans aucune visibilité sur les intentions iraniennes » ont déclaré des observateurs. Même l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry a eu des contacts avec Javad Zarif, le ministre des affaires étrangères iranien, avec lequel il négociait trois ans plus tôt, suscitant les foudres de l’aile droite du Parti républicain.

Le plus acharné sur ce sujet est le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu qui n’arrête pas de faire « démonstration sur démonstration » sur le danger que présente l’Iran pour la sécurité d’Israël. Après la présentation, au cours d’un défilé militaire, de missiles longue portée qui « peuvent atteindre l’Etat hébreu », les autorités israéliennes n’ont cessé d’alerter leurs alliés  occidentaux sur le danger que court leur pays. De là la proposition du président français Emmanuel Macron de renégocier l’accord en y incluant une clause sur les missiles auquel l’Iran a répondu par un niet catégorique. Afin de convaincre ses alliés occidentaux de la nécessité de déclarer l’accord de 2015 nul, Netanyahu, le premier ministre israélien  avait présenté la semaine dernière, des « preuves » avec photos satellites, boites archives et disque compact (CD) sur l’existence d’un programme nucléaire secret iranien.

Début mai, c’est le Maroc qui rompt ses relations diplomatiques avec l’Iran sous prétexte que ce pays entraine, arme et soutient les combattants du Front Polisario. Notre voisin nous accuse même de le laisser faire à partir d’Alger. Ce à quoi l’Algérie a répondu fermement en apportant un démenti catégorique et en convoquant le chargé des affaires marocaines à Alger, en signe de protestation.

L’Arabie saoudite n’est pas en reste puisque cela fait longtemps que les responsables de ce pays avertissent du danger du « tsunami iranien. » Même si la séculaire et traditionnelle rivalité arabo perse n’est pas absente de tous ces calculs, déclarations et positions, la géostratégie d’aujourd’hui s’est déplacée pour se confiner aux seuls intérêts des familles régnantes dans certains pays dits arabes qui se cachent derrière l’intérêt suprême des pays.

Certains des pays cités plus haut ne cachent pas leur volonté et intention d’en découdre militairement avec l’Iran. Cette dernière déclare être prête à défendre son territoire et son peuple. Un bruit de bottes qui se rapproche de plus en plus. La guerre, après celle contre DAECH, en Irak, en Syrie, au Yémen,  est-elle proche au Moyen Orient ? Tout porte à le croire car tous les ingrédients sont réunis. Il s’agit de savoir si cette guerre qui se prépare sera limitée et circonscrite  ou elle embrasera toute la région voire …

 

  Slimane Chabane   

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