La rue en dernier recours pour la coordination des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

En réaction au blocage du projet de l’unité de trituration de graines oléagineuses que le groupe Cevital projetait de réaliser en dehors de l’enceinte du port de Béjaia, la coordination des comités de soutiens aux travailleurs de Cévital avait organisé trois grandes marches de protestation et  les premiers ministres en place ont été à chaque fois saisis.

En  désespoir de cause, la coordination avait décidé  d’alerter et ce  à trois reprises, Bouteflika en sa qualité d’ultime arbitre, via trois lettres ouvertes. Ce dernier  s’est, d’après l’appel publié  sur la page Facebook de la coordination « emmuré dans un silence lourd de sens ; un silence qui vaut, au mieux, encouragement et au pire complicité avec les lobbies destructeurs de l’investissement productif ».

« Face au mutisme » et face à «  un régionalisme économique » institué, la coordination  appelle tous les Algériens à une marche à Béjaia pour le lundi 14 mai 2018, à 10 heures, sur le traditionnel itinéraire qui mène de Cevital au siège de la wilaya.

Ci-après l’intégral du texte de l’appel à la marche.

MARCHE POPULAIRE, APPEL A LA POPULATION

Citoyennes, Citoyens

Sur instruction du directeur du port de Béjaia, l’EPB refuse, depuis mars 2017, l’accès au port à tout navire transportant des équipements destinés au projet d’une usine de trituration de graines oléagineuses du groupe Cevital, prévue à l’extérieur de l’enceinte du port de Béjaia. Une décision sans fondement légal ni règlementaire et qui prive la région de Béjaia de 1000 postes d’emplois directs et 100 000 emplois indirects.

Depuis mars 2017, nous avons posé, et de manière incontestable et irréfutable, le problème de la répartition équitable des richesses du pays. Nous avons dénoncé la politique de deux poids deux mesures et la marginalisation économique qui frappe de plein fouet la wilaya de Bejaia en particulier et la Kabylie en général.

Après trois marches populaires  de plusieurs milliers de citoyens et trois lettres adressées à l’actuel Premier ministre et aux deux Premiers ministres qui l’ont précédé, nous nous sommes adressés au Président de la République en sa qualité de dernier arbitre dans ce conflit.

Aujourd’hui, bien que saisi puis relancé par deux fois au sujet de notre demande légitime de débloquer le projet et d’encourager l’Algérie qui produit, le Président de la République s’est emmuré dans un silence lourd de sens ; un silence qui vaut, au mieux, encouragement et au pire complicité avec les lobbies destructeurs de l’investissement productif.  Seul le directeur du port s’est manifesté, dans une vaine tentative d’intimidation et de musèlement, par un dépôt de plainte contre le porte-parole de notre coordination, Mourad Bouzidi, qui a été jugé pour « diffamation » et condamné en première instance et dont le procès en appel se tiendra le 20 mai prochain.

Le silence de nos gouvernants  ne fera qu’accentuer le sentiment de ségrégation, de régionalisme et de favoritisme économique qui prévaut dans plusieurs régions du pays. Les chiffres sur la répartition de la richesse dans notre pays font froid dans le dos. Ils sont une porte grande ouverte au sentiment d’exclusion de la Kabylie et de certaines régions de la collectivité nationale.

La wilaya de Béjaia n’a bénéficié d’aucun projet structurant d’envergure et les rares projets publics inscrits pour son compte sont à ce jour inachevés pour certains ou carrément gelés pour d’autres (3000 milliards de centimes de projets gelés). Les seuls investissements économiquement visibles et politiquement lisibles dans la région sont dédiés à la répression : une base de la gendarmerie, une école des cadets, une prison et un asile psychiatrique à Oued Ghir!

Le  régionalisme économique, qui se matérialise par les blocages des projets structurants et ceux de Cevital, est une réalité aujourd’hui irrécusable. Nous appelons à y mettre un terme en urgence car ceci constitue, par-dessus tout, une véritable menace à l’unité nationale. Nos gouvernants et décideurs sont plus que jamais interpellés pour assumer leurs responsabilités devant l’histoire.

Citoyennes, Citoyens

Face à ce mutisme qui a trop duré, nous appelons tous les Algériens, tous les travailleurs de tous les secteurs confondus, tous les industriels et investisseurs,  tous les commerçants, tous les acteurs politiques et associatifs, tous les artistes et surtout tous les étudiants et tous les chômeurs, à venir massivement,  le lundi 14 Mai 2018 à 10 heures, à la Marche de l’Espoir.

À partir de Cevital-Béjaïa vers le siège de la wilaya, soyons nombreux  pour défendre l’emploi et l’investissement et pour crier haut et fort :

Oui au déblocage de l’usine de trituration de Cevital-Bejaia !

Oui au déblocage de tous les projets structurants !

Oui à la répartition équitable des richesses de l’Algérie !

Oui à l’arrêt immédiat des poursuites judiciaires à l’encontre des membres de la coordination !

Non à la politique de deux poids deux mesures !

Non au chômage !  Oui pour des emplois décents et durables !

Non au sabotage de Cevital et de l’Algérie qui produit !

Non à l’instrumentalisation de la justice !

Béjaia le 07 mai 2018

 

Get real time updates directly on you device, subscribe now.

%d blogueurs aiment cette page :