Marché de l’art en Algérie: Beaucoup reste à faire

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L’idée avait été lancée il y a plusieurs années, puis confirmée en 2016 par le ministre de la culture, à partir de Mostaganem, à l’occasion de l’inauguration d’une grande exposition, commémorant le 25ème anniversaire de la disparition de Mohamed Khadda.

Répondant aux nombreuses doléances des artistes, Azzedine Mihoubi avait déclaré, en effet, que son département oeuvrait à la création d’un premier marché d’arts plastiques en Algérie, indiquant pour cela que son ministère travaillait « avec des spécialistes à la création du premier marché d’arts plastiques en Algérie, comportant à son lancement des œuvres de 120 artistes plasticiens algériens, qui seront mis en vente avec l’organisation d’une campagne médiatique pour encourager ce marché ». 

C’est désormais chose faite. Le premier marché de l’art en Algérie a été inauguré le 5 mai dernier au Palais de la culture « Moufdi Zakaria ». Intitulé « Printemps des arts », ce rendez-vous a réuni plus de 150 artistes peintres, venus des quatre coins de l’Algérie dont certains exposaient sous couvert d’une des cinq galeries d’art associées à cet événement, en l’occurrence « El Yasmine », « Seen Art », « Dar El Kenz », « Sirius » et « Thevest ».  

Les salles du Palais de la culture se sont, l’espace d’une semaine (du 5 au 12 mai), transformées en galerie d’art, accueillant sur leurs cimaises quelques 500 œuvres signées, pour une partie d’entre-elles, par quelques grands noms de la scène plastique algérienne dont Djahida Houadef, Karim Sergoua, Abdelkader Belkhorrisset, Leila Boutamine Ouldali, Mustapha Nedjaï, Kenza Bourenane, Noureddine Ferroukhi, Abderrahmane Aïdoud, Moncef Guita, Orza Tanem, Karim Meziani, Valentina Ghanem ou encore le sculpteur Mohamed Massen. Ces derniers ont côtoyé les plus jeunes, les moins expérimentés ou tout simplement les autodidactes mais non moins talentueux Asmahan Mezouar de Tlemcen, Hadia Hadjeressde Tiaret, Hamia Abdelali de Ouargla, Karim Tidafi de Tipaza, Hacène Boudraâ de Constantine ou Mohamed Bakli de Ghardaïa, et on en oublie encore.

Représentant plusieurs courants de peinture, allant du réalisme au contemporain, en passant par le figuratif, l’abstrait ou l’orientalisme, le tout exécuté en différentes techniques, les œuvres exposées à la vente ont suscité l’engouement du public mais peu d’achats ont été effectués, sans doute, en raison des prix affichés qui, pour certains, étaient hors de portée.

Il va sans dire que les organisateurs auront, lors des prochaines éditions, à parer aux quelques couacs qui ont émaillé cette manifestation. D’ores et déjà, des débats constructifs et forts animés ont permis d’échanger des avis et d’émettre des propositions, à la faveur de la journée d’information qui s’est tenue en marge de ce « Printemps des arts ».

Au cours de cette rencontre, les intervenants ont relevé le fait que, pour créer un marché de l’art et une économie culturelle durable et viable, il fallait avant tout, « instaurer un climat favorable au travail de création soutenu par un réseau dense de galeries d’art et une évaluation objective des œuvres ».

Certains artistes comme Malek Saleh ou Rachid Djemaï ont préconisé l’organisation d’une « exposition nationale des œuvres d’art en présence d’experts et critiques reconnus mondialement ». Suite à quoi, « l’implication des entreprises économiques peut faire jouer une spéculation positive à même d’apporter une valeur monétaire aux œuvres » et d’ajouter que « l’Etat peut jouer le rôle de courroie d’entrainement en étant simple acquéreur des œuvres d’art et en encourageant, par des avantages fiscaux, les entreprises publiques à adopter un réflexe d’acheteurs ».

De son côté, la galeriste Randa Tchikou, a estimé que le marché de l’art « a d’abord besoin d’un accompagnement réglementaire pour définir le statut juridique des galeries et des œuvres mises sur le marché ». Pour elle, « créer un marché de l’art dynamique passe par une ouverture sur les marchés étrangers et les maisons de vente internationales qui fixent aujourd’hui les cotations des artistes » et de proposer enfin qu’« une « implication des entreprises et institutions pour l’acquisition des œuvres, encouragée par des avantages fiscaux attractifs, est également souhaitée ».

Kahina A.

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