Proche Orient, une ambassade déplacée, 99 Palestiniens tués et un conseil de sécurité impuissant

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La région du Proche Orient est assise sur un brasier de plus en plus ardent depuis que Donald Trump, le Président américain, a accédé à la Maison Blanche. Radical et provocateur, il n’a pas arrêté, déjà durant sa campagne électorale, de faire des déclarations incendiaires concernant aussi bien l’accord sur le nucléaire iranien, l’accord de Paris sur le climat que « la capitale d’Israël » à tel point que de grosses pointures du parti républicain avaient même envisagé de lui retirer leur soutien. D’autres scandales, plus sulfureux, ont aussi émaillé sa campagne. Toutes les promesses faites, il vient de les concrétiser au dépend de la stabilité et de la sécurité dans la même région, l’environnement planétaire et la cause palestinienne qui, en fait, n’en est pas Une pour lui.

Après s’être retiré de l’accord de Paris sur le climat jugeant que « le réchauffement climatique est une vue de l’esprit » (il s’est même permis de rouvrir des mines de charbon fermées par son prédécesseur Barack Obama), ne le voilà-t-il pas qu’il se retire de l’accord sur le nucléaire iranien le 08 mai dernier malgré l’insistance de ses alliés européens d’y rester. Donald Trump rétablira les sanctions économiques contre l’Iran, montré du doigt par Israël comme étant un danger pour sa sécurité, car il aurait « développé un programme secret d’armes nucléaires » selon Benyamin Netanyahu, le premier  ministre israélien. De leur côté, les européens ne suivront pas les Etats Unis dans cette voie. Ils réussiront même à convaincre l’Iran, qui voulait se retirer aussi de l‘accord conclu avec les superpuissances,  de respecter l‘accord de 2015.

Puis vinrent les bombardements israéliens sur la Syrie. Selon les autorités militaires de l’Etat hébreu, « 10 cibles iraniennes ont été bombardées » dans ce pays. L’Iran ne répondra pas aux attaques israéliennes, une manière de dire «on n’est pas concernée » et de démentir par la même sa présence en Syrie dont on l’accuse sans cesse mais déclarera que « la Syrie a le droit de se défendre. »

Le comble sera atteint lorsque le 14 mai dernier, le Président américain décide de mettre sa promesse à exécution et déplacer l’ambassade des Etats Unis de Tel Aviv vers Jérusalem «capitale éternelle d’Israël » selon Washington et Tel Aviv. Le même jour, 61 palestiniennes qui manifestaient leur opposition à cette opération seront tués par l’armée israélienne à côté de leur frontière avec Ghaza. Selon des médecins qui soignent ces blessés, les soldats de Tsahal viseraient les genoux des manifestants car « c’est une articulation difficile à réparer »,  ce qui fera « des personnes touchés par des balles réelles des handicapés à vie. » En tout, une centaine de palestiniens seront tués depuis le début de « la marche du retour » qui a commencé depuis l’annonce du déplacement de l’ambassade américaine. Ce massacre au vu et au su du monde entier sera dénoncé par la communauté internationale qui demandera une réunion urgente du conseil de sécurité. Alors que la ligue arabe se contentera d’une déclaration de principe, Ankara demandera à l’ambassade d’Israël de sortir momentanément de la Turquie, l’Afrique du Sud et la Belgique ont convoqué les ambassadeurs israéliens pour consultations.

Réunis en urgence hier mardi, les 15 pays siégeant au conseil de sécurité n’ont pas pu adopter et/ou arracher une condamnation des tueries survenus à Ghaza ni assurer une protection internationale aux palestiniens, demandée par plusieurs pays dont le représentant de l’autorité palestinienne à l’ONU. Le représentant d’Israël justifiera les 99 morts palestiniens par le fait que c’est « le Hamas qui se cache derrière les enfants dont il se sert comme de boucliers. » la représentante des Etats Unis tiendra un discours similaire sur « le droit d’Israël à se défendre » avant que vienne le véto américain qui fera tout choir.

Les arabes, pour lesquels ni la fraternité arabe n’a joué ni la solidarité musulmane n’a fonctionné se présentent en rangs dispersés. Certains sont obnubilés par ce qu’ils appellent le « tsunami iranien » du Yémen au Liban au  point de se faire les alliés des juifs et des américains auxquels il a été demandé de bombarder l’Iran (révélé par John Kerry), d’autres sont occupés à chercher à contrôler leur société et à soumettre leur peuple pour diriger leurs pays à vie. La ligue arabe se réunira « en urgence » aujourd’hui. Pour sa part, le Président algérien a condamné les « crimes israéliens à Ghaza » qu’il a qualifiés d’ « abject ». La conscience de l’Humanité peut-elle être tranquille et en paix avec elle-même devant ce qui se passe en Palestine, un peuple qu’on assassine chaque jour après l’avoir spolié de sa terre.

 

Slimane Chabane   

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