Triste anniversaire

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En ce même jour de l’année 1992, trois hommes costumés, en lunettes noires, frappent à la porte du siège de L’Hebdo libéré sis à la Place Ahmed Zabana « ex Hoche ». La secrétaire ouvre et se trouve aussitôt tarabustée par les quidams qui referment derrière eux.
Ils demandent aussitôt : « Où est le Directeur ? Où sont les journalistes ? ». C’était un mardi, jour de réunion de la rédaction. Donc les intrus avaient l’air bien renseignés. Ils sont étonnés de ne trouver que cinq personnes au lieu de 23. En fait, on venait de déménager. Le frère de Mahmoudi, le directeur est venu par hasard grâce à sa permission car il était appelé militaire, la secrétaire âgée de 21 ans à peine, le photographe, Rachid le chauffeur, Azzedine l’agent de pub, furent allongés à même le sol.
L’un des assaillants ôte sa veste pour couvrir les jambes de la secrétaire. Des P.A silencieux surgirent contre la tempe des victimes.
Le chauffeur, le photographe et le frère du directeur sont morts sur le coup, l’agent de pub et la secrétaire s’en sortent par miracle.
On nous appelle, on accourt. Avec Larbi Abahri, nous prenons des journaux invendus pour enlever le sang des victimes. On ne se parle pas. Les larmes parlaient à notre place.
Au-delà de la centaine de journalistes assassinés, beaucoup de ceux qui ont survécu sont traumatisés à vie. On se devait d’évoquer ce mortel anniversaire, à l’occasion de la journée de la liberté de la presse au cours de laquelle notre Président déclare, par écrit bien sûr, que les journalistes jouent un rôle positif au sein de la Société. Que la réconciliation prônée par lui a ramené la paix.
Quelle paix ? Si lui a connu une traversée de désert de 20 ans, qu’il sache que les Algériens souffrent depuis 56 ans.

M. Kassi

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