Université Abderrahmane-Mira de Bejaia : Colloque international sur la vie et l’œuvre de Lounes Matoub

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Depuis le 19 et jusqu’au 21 juin 2018, le département de langue et culture amazighes et le Centre national de langue et culture amazighes (CNLCA) de l’Université Abderrahmane-Mira de Bejaia organisent un colloque international sur Matoub Lounes.

S’articulant autour de la vie et l’œuvre de l’artiste, assassiné il y a 20 ans, ce rendez-vous auquel prennent part des chercheurs algériens et étrangers, venus notamment du Maroc, de France et du Canada, entend lever le voile sur la dimension patrimoniale de l’oeuvre matoubienne et mettre en exergue « chacune des facettes que celle-ci recouvre, qu’il s’agisse de chant et poésie ou de leurs pendants artistique, philosophique et psychologique ».

En outre, il permettra « aux spécialistes et amateurs de l’œuvre de Lounès Matoub de se rencontrer et d’échanger autour de l’œuvre de l’homme ».

Lors de la première journée, plusieurs intervenants se sont relayés pour dire combien la poésie de Matoub Lounes est «riche et diverse, aussi bien par ses formes que par ses thèmes faisant ainsi l’objet de plusieurs comptes- rendus de la presse écrite ou audiovisuelle, algérienne et étrangère, mais également d’études universitaires, dont certaines ont été publiées et connues du grand public».

Le professeur Djamel Chikhi, de l’université d’Ottawa au Canada, a estimé dans sa communication que la poésie magnifiée de Matoub Lounes adoubée de thèmes à valeur sociale et militante en faveur de la démocratie « a forgé en lui l’image d’un militant convaincu, un idéaliste impénitent et un poète-philosophe retentissant, voire un leader d’opinion dont le verbe est écouté et le message suivi », ajoutant que le poète figure aujourd’hui, dans « la lignée des philosophes existentialistes à dimension universelle ».

De son côté, Nora Belgasmia, enseignante chercheuse à l’université de Tizi-ouzou, focalisera son allocution -poèmes à la clé- autour de « l’expression multiple et plurielle de l’œuvre de Matoub, entrevue, comme un patrimoine qui se reflète à travers une poésie engagée, spirituelle, idyllique, historique, socio-anthropologique, politique voire psychologique ».

Selon le professeur Kamel Bouamara du DLCA de Béjaïa « l’impact social de l’œuvre chantée de Matoub Lounès est aujourd’hui retentissant, en particulier auprès des jeunes Kabyles et Maghrébins, ceux du pays et ceux de la diaspora, qui ne l’ont pourtant jamais connu, ni vu chanter sur scène », d’où l’importance de ce colloque international qui, selon Boualem Saidani, recteur de l’université de Béjaïa, suscitera des « pistes de recherche académique pour un retentissement à la mesure de la popularité de l’artiste, adulé dans toutes les régions berbérophone du Maghreb ».

Né le 24 janvier 1956 à Taourirt Moussa, Matoub Lounes a débuté sa carrière artistique en animant des fêtes familiales avant d’enregistrer son premier tube intitulé « Ayizem » (Le lion), suivi d’un premier album, en l’occurrence « Ahya thilawin » (Ah les femmes !), sorti à Paris, sous le label Azwaw, créé par Idir.

Grièvement blessé à un barrage, en 1988, enlevé en 1994 par le GIA puis relâché suite à une immense mobilisation populaire, Matoub Lounes est assassiné le 25 juin 1998 par un groupe terroriste non loin de son village natal, Taourirt Moussa (commune de Beni-Douala, Tizi-Ouzou).

Auteur, compositeur et parolier, le regretté Matoub Lounes a laissé derrière lui une trentaine d’albums dans la tradition chaâbi.

Kahina A.

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