Armée et proposition du MSP: le RCD appelle à éviter des « initiatives sans issues »

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Le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) réagit à l’initiative du MSP appelant à une transition contrôlée par l’armée. « Faute d’assumer leur part de cette exigence, celles et ceux qui se réclament de la démocratie devraient au moins éviter de compliquer la situation par des initiatives sans issues », explique la direction du parti, dans un communiqué rendu public aujourd’hui.

Réuni, vendredi dernier, le secrétariat national du RCD, rappelle, dans ce sens, que « le combat démocratique est une exigence permanente et intangible ». « Il a pour but le changement du système à l’origine du désordre socio-économique et de l’instabilité institutionnelle qui menacent l’existence de la nation », précise le parti.

Dans la foulée, le RCD s’oppose catégoriquement à « l’implication directe de l’armée dans la gestion de l’impasse actuelle ». « Elle (cette implication) ne peut constituer une réponse crédible à la crise politique que vit le pays. L’Algérie a besoin de jeter les bases d’institutions issues et contrôlées par la société dans un processus de démocratisation graduel et transparent adossé à une légitimité incontestable pour tourner la page de l’autoritarisme et du fait du prince », explique la direction du RCD.

La focalisation de la communication officielle sur la reconduction de Bouteflika pour une nouvelle mandature ou son retrait, ajoute la même source, « a fini par contaminer la majorité des organisations et des espaces publics ». « Au lieu de revendiquer les conditions d’une compétition régulière et transparente pour garantir l’exercice de la souveraineté du peuple, des parties se revendiquant d’un système démocratique s’égarent dans des fausses et vaines pistes pour contourner cette condition sine qua non de toute sortie de crise », déplore encore le parti.

En plus de l’initiative du MSP, la direction du RCD analyse aussi la situation générale du pays. La formation que préside Mohcine Belabbas « constate que le pourrissement induit par la politique d’un statuquo basée sur les gestions et décisions occultes, érigées en règle de gouvernance, atteint la quasi-totalité des rouages de la vie publique ».

Les renvois brutaux de cadres et les remous qui ont suivi le limogeage du DGSN renseignent, selon la même source, sur la profondeur du mal qui ronge de nombreuses institutions livrées à une forme de privatisation clanique qui décrédibilise toute annonce émise dans un cadre institutionnel.

« L’Etat de droit freiné par la justice »

«Cette réalité porteuse de tous les dangers bloque de fait la vie nationale », ajoute la même source. Selon le RCD, la justice et l’administration sont devenues « les premiers freins pour le fonctionnement régulier d’un Etat de droit, le développement économique transparent et la redistribution équitable des richesses produites ».

Poursuivant, le RCD dénonce aussi les violations fréquentes des libertés individuelles et collectives. « La condamnation à des peines de prison de citoyens qui affichent leurs opinions ou expriment leur réprobation devant la politique du gouvernement sur les réseaux sociaux, alors que des barons de la corruption revendiquent leurs emprises sur les organes de l’Etat, est une autre facette de cette dérive », soutient le parti.

Le RCD dénonce aussi vigoureusement les blocages dont est victime le groupe Cevital, dont le matériel acquis dans le respect de la loi vient d’être saisi illégalement. « Cela consacre, de façon assumée, la primeur du pouvoir parallèle sur les lois et la réglementation de la République. Le RCD condamne ces atteintes avec la plus grande vigueur », lit-on dans ce communiqué.

Massinissa Ikhlef

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