Bouira, les jeunes entrepreneurs dans la tourmente

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« On a l’impression qu’on nous a donné du matériel pour nous mettre en prison »,         « Que l’Etat arrête les poursuites judiciaires contre nous » et « qu’on arrête de saisir notre matériel pour nous demander ensuite de payer nos dettes » ; ce sont les phrases et expressions qui ont été entendus aujourd’hui à la maison de la culture Ali Zamoum. C’est le cri des jeunes entrepreneurs venus de 10 wilayas du centre du pays pour assister aux assises régionales de leur fédération : la FNJE. La Fédération Nationale des Jeunes Entrepreneurs a en effet réussi à rassembler quelque 500 de ses adhérents en vue de débattre de leurs problèmes et difficultés à lancer leurs entreprises et à rembourser leurs dettes notamment. La CASNOS, la maison entrepreneuriale de l’université et l’APW ont été les invités de la fédération.

Si pour le représentant de la Caisse d’Assurances des Non-Salariés « notre caisse garantit une protection sociale qui dépend de l’importance des cotisations », le représentant de l’APW a plutôt remercié la maison entrepreneuriale avant de lui demander de « travailler avec le FCE (Forum des Chefs d’Entreprises)». Le représentant de l’université a assuré, quant à lui, de « l’accompagnement des entreprises dans leur activités, rôle dévolu à l’université de par le monde. »

Les premiers responsables de la FNJE ont, devant les nombreuses doléances de leurs adhérents, affirmé « avoir réglé de nombreux difficultés de certaines entreprises mais il y a des problèmes qui nous dépassent. »

Durant les débats, les jeunes entrepreneurs ont parlé d’entraves et d’obstacles qui se dressent, à chaque fois, devant eux. Ainsi, l’un d’entre eux, Boumedhane Lhadj, n’attend depuis 2013 que de signer une convention avec l‘OAIC pour lancer se minoterie industrielle à At Leqsar. Un investisseur de Bechloul se voit non seulement refuser d’acheter du lait pour sa crémerie au niveau des laiteries mais dénonce la multiplication anarchique des crémeries en été via le marché informel alors que «nous n’avons que la saison estivale pour travailler. » Des plombiers à qui on propose des marchés d’installation de plomberie au niveau d’un appartement à « 8 000 DA chez les chinois » et « 9 000 DA » chez les Algériens. « Un travail qui peut durer une dizaine de jours pour moins de 10 000 DA, vous vous rendez compte » fulminent-ils.

D’autres entreteneurs se plaignent carrément du manque de travail. « On était des chômeurs, on a fait de nous maintenant des chômeurs endettés » ont déclaré avec colère de jeunes entrepreneurs. Ces derniers affirment verser à la CASNOS entre 40 000 et 50 000 DA de cotisations par mois, alors qu’une convention signée entre la FNJE et la direction générale de la CASNOS mais jamais appliquée, portent le plafond de ces cotisations à 30 000 DA. En sus de cela, le remboursement de leurs dettes contractes auprès des banques est un véritable dilemme. Pour cela, beaucoup d’entre eux se sont retrouvés devant la justice qui les a condamnés à rembourser ou à saisir leurs moyens de production. Quand certains arrivent à « travailler un peu, c’est juste pour ne pas mourir de faim » ont crié ces jeunes.

Slimane Chabane

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