Décès de l’artiste peintre et moudjahid Abdelkader Houamel : l’un des précurseurs de l’art moderne algérien

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Triste nouvelle. Abdelkader Houamel n’est plus. Le plasticien et ancien moudjahid est décédé le 11 juillet dernier, à Rome. Il sera inhumé demain, 16 juillet, au cimetière d’El Alia.
Natif de N’gaous, dans la wilaya de Batna, Abdelkader Houamel, même s’il est méconnu de la génération post-indépendance, reste un artiste au long cours qui mérite aujourd’hui, un hommage à la hauteur de son talent et de son sacrifice durant la guerre d’Algérie.
Considéré comme l’un des pionniers de l’art moderne algérien, il a entamé sa carrière plastique à l’âge de 17 ans. Au lendemain du déclenchement de la guerre de libération nationale, il n’hésite pas à monter au maquis, devenant entre 1955 et 1960, un membre actif de l’ALN. Telle une fidèle compagne, la peinture lui permet durant toute cette période, d’exorciser ses peurs, ses douleurs et son désir de liberté.
En 1960, il expose pour la première fois en Tunisie, son œuvre réaliste et de haute facture lui permet d’inscrire son nom dans le concert des artistes engagés. Il finit par décrocher une bourse pour étudier à l’Académie des beaux-arts de Rome en 1961. Au lendemain de l’indépendance, l’artiste et ancien moudjahid, décide de rester dans la capitale italienne où il est élu au sein de l’Académie de Tiberine.
Son parcours et ses travaux le hissent très vite au rang des artistes les plus en vues et les plus emblématiques de la peinture algérienne, au même titre que Mohamed Racim, Bachir Yellès, Mohammed Khadda ou Choukri Mesli. Ces derniers ont tous influencé la peinture algérienne et marqué de leur empreinte l’Ecole supérieure des beaux-arts d’Alger (ESBA). Là où sont nés grand nombre d’artistes et de plasticiens algériens.
Mieux, le nom de Abdelkader Houamel sera même associé aux grands maîtres qui ont signé l’acte de naissance de la peinture algérienne contemporaine.
Peintre prolifique, Houamel multiplie les expositions sur la scène plastique nationale et internationale. Il accroche ainsi ses toiles sur les cimaises de la Galerie Mohamed-Racim en 1984, à l’occasion d’une rétrospective qui lui est consacrée, on le retrouve également en 1996, à l’exposition Novembre 54 vu par les artistes, organisée au Palais de la culture Moufdi-Zakaria, en 2009 à Rabat, en 2017 à Rome ou en 2018 à Naples…etc
Récipiendaire de plusieurs distinctions, il se voit notamment décerner en 1962, le 1er Prix San Vito Romano, en 1963, il reçoit la médaille d’Or à Rome, en 1972, il est honoré par feu le président Hourai Boumediene, en 1981, il obtient le 2e prix à l’exposition internationale de l’aquarelle à Cannes, en 1984, il s’adjuge la médaille de bronze à la biennale internationale du Caire, avant de décrocher celle de l’Académie européenne de Calvatone.
A noter que quelques-unes de ses œuvres parmi les plus emblématiques sont conservées par le Musée national des beaux-arts d’Alger ainsi que par la galerie d’Art moderne de Florence, par l’université de Cagliari et le Musée d’Art moderne de San Vito Romano.
Kahina A.

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